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Pensée du mois • février 2018

Intimité versus cohabitation…

02 intimite  versus cohabitation - pensee du mois - février 2018

L’amour, il faut être deux, tu sais, l’amour, il faut être deux…
- BERNARD SAUVAT

Je ne vous appelle plus serviteurs, parce qu’un serviteur n’est pas mis au courant des affaires de son maître. Je vous appelle mes amis, parce que je vous ai fait part de tout ce que j’ai appris de mon Père.
- JEAN 15.15

Dieu nous parle dans un souffle de silence, il nous atteint dans cette part de solitude intérieure qu’aucun être humain ne peut combler.
- ROGER SCHUTZ

Adam et Ève ont pris conscience de la nudité de leur âme…et ils ont caché leur corps. Un saut chez le tailleur du coin pour se faire tailler, sur mesure, de beaux costards en feuilles de figuier.
Quelques millénaires plus tard, nous agissons toujours comme eux. Nous ne savons pas faire face à nos problèmes, alors nous les habillons pour ne plus les voir.
Nous prenons des médicaments au lieu de changer nos habitudes alimentaires, nous buvons du café plutôt que de nous reposer, nous changeons de chaîne pour ne pas voir le malheur, nous fabriquons autour de nous du bruit, de l’activité, du mouvement et de la routine pour ne pas entendre le vide assourdissant de nos vies.
Nous appliquons cette recette infaillible à toutes nos relations.
Les conversations sans contenu assassinent nos couples.
– Bonjour, mon chéri, tu veux un café ? Tu penseras à sortir les poubelles ! C’est toi qui passes prendre les enfants ce soir ? Il faut faire le plein de la voiture. Où est-ce qu’on pourrait partir en vacances cet été ? Tu as vu ? Les voisins ont un nouveau chien…
L’anniversaire de mariage et la St-Valentin compensent une année de paroles vides. Et, là encore, on se cache derrière le bruit d’un bon restau, le dépaysement d’un voyage étourdissant.
Nous sommes tellement intelligents, tellement créatifs que nous progressons sans cesse dans l’habillage de notre solitude et de notre vacuité. Les petits écrans malins, qui sont aujourd’hui nos seuls véritables partenaires, sont encore plus efficaces que les feuilles de figuier pour cacher la misère. Déconnectés des autres et de nous-mêmes, nous cohabitons avec des foules de « solitaires » qui vivent les uns à côté des autres sans aucune intimité.

Et, bien sûr, nous faisons la même chose avec notre Créateur.
Je pourrais presque dire, si je n’avais pas peur des représailles, que c’est ce qui fait tourner les églises. Les programmes, les activités, l’entretien des infrastructures, la gestion de la logistique, les statistiques, les objectifs à atteindre…toute cette écume qui garde les « petits moutons du Seigneur » tellement occupés avec de «bonnes choses » qu’ils n’ont plus de temps pour penser au mal. Et puis cette suractivité religieuse, de culte en culte, de réunion en réunion, de projet en projet, crée une belle routine religieuse qui cache tellement bien, ou mal, la misère de notre manque d’intimité avec notre Dieu.
Encore une fois, nous prenons les choses à l’envers. Nous « travaillons » pour Dieu, afin qu’un jour lointain il nous accueille avec bienveillance. Quelle tristesse ! Mais ce n’est pas une fatalité…

Si nous avons le courage de nous dépouiller ne nos costumes de feuilles (sans attendre l’automne) pour nous présenter nus et les mains vides devant notre Dieu, nous allons découvrir qu’il a, lui, tout ce qu’il faut pour nous vêtir. Ses pensées d’amour à notre égard, sa tendresse, sa sollicitude, sa vérité, sa perfection nous habillent de vêtements somptueux. Mais il ne s’agit plus de cache-misère ; cette nouvelle garde-robe n’est pas conçue pour fuir la honte, l’insécurité ou l’insatisfaction. Elle est taillée dans une étoffe unique, une étoffe qui se tisse mystérieusement dans l’intimité, la conscience de sa présence.

Sur la planète Pandora, sortie de l’imagination de James Cameron, les indigènes vivent connectés au milieu naturel dans lequel ils évoluent, et pour se déclarer leur amour ils se disent : « Je te vois ».
Voir son voisin, son conjoint, son Dieu, se voir soi-même, c’est là que se trouve le point de départ de l’intimité. Et cette intimité sera la source d’authentiques relations.

Rejetons la fausse et mauvaise couverture de la cohabitation, même pacifique, pour tenter l’aventure de l’intimité. Prenons le risque de nous isoler quelques instants, osons le luxe du silence et là, dans ce lieu secret, laissons Ses pensées nous rejoindre, laissons-les nous infuser, nous féconder, nous imprégner avant de retourner au milieu de l’agitation des hommes pour y semer ce que nous avons reçu.

Intimement vôtre,
Philip

© Tous droits réservés.
Philip Ribe: www.philip-ribe.com

 


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