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Pensée du mois • février 2019

Apparences & préjugés, une prison bien gardée…

Apparences & préjugés, une prison bien gardée… - pensée du mois - février 2019

Ne vous fiez pas aux apparences: le tambour, avec tout le bruit qu’il fait, n’est rempli que de vent.
- LOUIS JOSEPH MABIRE

Il n’a ni beauté ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’a rien pour nous plaire…
- ESAÏE 53. 1

Vous connaitrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres.
- JEAN 8.32

– C’est comme ça, je le sais, c’est vrai, je l’ai vu…
Voilà le type de phrase utilisée pour clore un débat jugé inutile, pour tuer dans l’œuf une réflexion pourtant nécessaire. Depuis que l’être humain a des yeux, particularité que nous ne regrettons pas, il ne cesse de tomber dans le piège des apparences. La capacité de voir, qui nous ouvre des possibilités infinies d’émerveillement, est aussi un redoutable Cheval de Troie qui fausse notre jugement. Ce ne sont pas, bien évidemment, nos yeux qui sont en cause, mais l’interprétation subjective de ce que nous voyons ou croyons voir. Cette interprétation qui souvent n’est même pas consciente nous prive de rencontres, de découvertes, de compréhension, d’opportunités qui nous permettraient d’évoluer positivement.

– Combien de belles amitiés manquées parce que l’autre n’avait pas les allures extérieures que nous aurions souhaitées  ?
– Combien d’enfants voués à la solitude dans les cours de récréation pour ne pas avoir le style à la mode du moment  ?
– Combien de livres passionnants condamnés à la poussière car la couverture n’accroche pas le regard  ?
– Combien de mises à l’écart sans fondement, de diktats arbitraires, de jugements erronés basés seulement sur les apparences  ?

Ces quelques exemples et les milliers d’autres que nous pourrions lister sont la conséquence d’un terrible handicap qui touche tous les humains: les préjugés.
Nous en sommes tous victimes; ils viennent de notre éducation, de notre environnement, de notre vécu, de nos choix et probablement de bien d’autres facteurs. Leur impact négatif sur nos vies est énorme.
S’il est impossible de ne pas avoir de préjugés, rester enfermé sous leur dictature n’est pas une obligation ni une fatalité.

L’orgueil est l’un des gardiens de la prison des préjugés. Il produit une incapacité intellectuelle et émotionnelle à se remettre en question. Lorsqu’il poste ses geôliers, « Je sais » et « Je connais », il n’y a plus d’évasion possible.

L’insécurité, la peur du changement sont les deux autres surveillants du pénitentiaire des préjugés.
Reconsidérer ce que je crois être certain, accepter de regarder sous un autre angle, refuser les catégories et les classifications à l’emporte-pièce, toutes ces démarches débouchent sur de possibles mutations, sur une nouvelle compréhension, une autre interprétation du monde, et c’est effrayant.
Nous pensons, c’est encore un préjugé, que reconnaître que nous avons eu tort nous affaiblit, porte atteinte à notre valeur, alors que c’est l’inverse qui est vrai.

S’émanciper de l’enfermement des préjugés est le travail de toute une vie; c’est le choix et l’acceptation d’une existence toujours en mouvement, toujours en reconstruction, toujours en évolution. C’est un chemin nécessaire, mais ce n’est pas celui de la facilité.
Lorsque celui qui est la Vérité et l’Amour incarnés foulait notre terre, presque personne ne l’a reconnu; il ne ressemblait pas à ce que les hommes attendaient…
Il n’a pourtant pas hésité à dire encore et encore: «Vous avez entendu qu’il a été dit, mais moi je vous dis…»
C’est cette parole de vérité, cette parole qui libère que nous avons besoin d’entendre. Elle seule peut nous ouvrir les portes, nous affranchir des chaînes, des pensées toutes faites, prémâchées, préfabriquées, qui voudraient nous empêcher d’utiliser notre réflexion, d’examiner chaque chose sans a priori.
Cette parole nous conduit sur un chemin de vérité, mais une vérité vivante, qui respire, se développe et n’est pas figée, une vérité qui ne nous appartiendra jamais, mais à laquelle nous pouvons nous efforcer d’appartenir.

Il n’appartient qu’à nous de rejeter l’orgueilleuse pensée qui nous souffle à l’oreille que nous savons déjà, que nous avons raison. C’est aussi notre choix de nous exposer à l’amour qui rassure. Lui seul peut nous donner le courage d’affronter le monde vivant, toujours en mouvement, de la vérité qui libère.
Si sur ce chemin nous devons piétiner des idées toutes faites, jeter sans complaisance quelques brouettes de préjugés, abandonner sans un regard des charrettes d’a priori, faisons-le sans état d’âme ! Nous ne nous en porterons que mieux…
Sans préjuger de votre avis sur ces quelques lignes, je vous souhaite une bonne lecture!

Philip

 

© Tous droits réservés.
Philip Ribe: www.philip-ribe.com


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