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Pensée du mois • avril 2019

Obsolescence programmée…

Obsolescence programmée… pensée du mois - avril 2019

Tout ce qu’on achète, obsolète tout comme le monde, disparaît en une seconde; tout ce qu’on sème, obsolète. 
Tout ce qu’on vit, obsolète. Tout ce qu’on sème, des étoiles filantes… 
- OBSOLÈTE, TRYPO

C’est toi, Seigneur, qui au commencement as fondé la terre, et le ciel est l’œuvre de tes mains. Eux, ils disparaîtront, tandis que toi, tu restes là. Ils vieilliront tous comme un vêtement. Tu les enrouleras comme un manteau, ils seront remplacés. Mais toi, tu es toujours le même et ton existence n’aura pas de fin.
- HÉBREUX 1. 11 & 12

J’ai bien observé le monde dans lequel je vis et je suis arrivé à une conclusion sans appel: je crois en l’évolution. Mais attention, l’évolution que je constate n’est pas une évolution vers le mieux, vers le meilleur, vers un quelconque progrès; non, il s’agit d’une évolution vers le pire, le moins bien, le plus méchant et souvent le plus stupide. Comment se peut-il que, placés dans un environnement presque parfait, nous soyons arrivés à tout détruire à ce point ? Nous avons réussi à empoisonner l’eau que nous buvons, à rendre toxique l’air que nous respirons, à détruire irrémédiablement une partie considérable des espèces vivantes. Nous avons eu quantité d’idées géniales, comme faire manger de la vache en poudre à des vaches, déverser des poisons dans le sol pour produire…de la nourriture contaminée que nous consommons allègrement. Mais alors que nous pouvions imaginer avoir atteint les plus hauts sommets de la stupidité, nous avons trouvé le moyen d’aller plus loin et nous avons inventé le concept d’obsolescence programmée. Nous avons pratiquement épuisé nos ressources, nous croulons sous des montagnes de déchets toxiques dont nous ne savons que faire, et c’est à ce moment-là que nous avons utilisé notre génie (si, si, on peut parler de génie) pour incorporer dans nos joujoux technologiques, quels qu’ils soient, des pannes à retardement, des défaillances programmées, des usures prédestinées. Avant, il fallait que la pomme soit à terre, que le vers se déplace, qu’il grignote avec persévérance, qu’il use ses petites dents pour entrer dans le fruit; mais à présent, nous plaçons nous-mêmes le vers dans la pomme, au cas où elle ne pourrirait pas assez vite toute seule… histoire de pouvoir en vendre une autre, avec un vers plus gros, pour pouvoir en vendre une autre…
Pourtant, en réfléchissant encore un peu plus, ce n’est pas vraiment surprenant, nous avons tout simplement façonné le monde à notre image. En faisant le choix de vivre décentrés par rapport au plan initial de notre Créateur, en faisant de nous-mêmes des petits dieux autoproclamés qui pensons savoir tout sur tout, qui voulons à tout prix notre indépendance, nous nous sommes irrémédiablement abîmés. Nous sommes devenus des créatures à obsolescence programmée, non seulement en ce qui concerne nos corps qui vieillissent dès la naissance, mais aussi pour nos vies intérieures qui, déconnectées du lien vital qui les abreuvait, se dessèchent et meurent à petit feu…

Là je fais une pause, car je vous entends très fort vous demander pourquoi vous avez pris le temps de lire jusqu’ici un texte aussi déprimant, et vous vous dites que si vous aviez en main la télécommande qui pouvait accélérer ma fin programmée, vous le feriez avec plaisir. Mais accordez-moi encore quelques lignes, quelques mots pour donner un peu de couleur et d’espoir à ce tableau bien sombre.

Notre Créateur qui, lui, est véritablement un génie, a réservé dans l’être humain un petit espace qui permet d’accueillir l’antidote universel à l’obsolescence programmée: l’amour. Pas n’importe quel amour de synthèse, non, le vrai, l’authentique amour « made in Dieu », un amour qui ne meurt jamais.1


Comme l’exprime si justement le poète Christian Bobin: « tout ce qui n’est pas touché par l’amour s’écrase en enfer ». Déclaration que nous pourrions paraphraser en disant: « tout ce qui est touché par l’amour échappe à la malédiction de l’obsolescence programmée ». Encore faut-il le vouloir, l’accepter, le recevoir, y consentir…
Ayons la sagesse, le courage, la détermination d’être les alchimistes qui transforment le temporel en éternel, le banal en précieux, le profane en sacré, par le pouvoir de l’amour. Alors, c’est vrai, ce pouvoir n’est pas suffisant pour rendre les véhicules de nos âmes immortels, mais il peut communiquer l’immortalité aux passagers. Ce qui, ma foi, n’est déjà pas si mal.
Déjà largement obsolescent, j’en suis conscient, mais bien à vous…

Philip

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1 1 Corinthiens 13.8

© Tous droits réservés.
Philip Ribe: www.philip-ribe.com


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