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La gloire du Ciel

La vérité sur le Ciel, les anges, la vie éternelle

John Macarthur - Editions La Maison de la Bible

Chapitre 5. Comment serons-nous au ciel? Partie 1.

La perfection.
En général, nous arrivons à comprendre ce concept, bien que nous ayons beaucoup de mal à imaginer quoi que ce soit de vraiment parfait. Car tout ce que nous connaissons sur la terre est entaché d'imperfection.

Pour nous qui connaissons le Seigneur et qui l'aimons, les imperfections dont nous sommes le plus conscients sont tout simplement les nôtres. Je ne parle pas de la fragilité de notre corps – bien qu'elle se fasse rappeler par trop souvent – mais plutôt des penchants de notre nature. Ce qui nous préoccupe le plus, ce ne sont pas les faiblesses physiques, mais les péchés provenant de notre coeur (cf. Mc 7:21-23).

Il va de soi que nous avons tendance à être plus tolérants envers nos propres imperfections qu'envers celles des autres. Nous essayons de les couvrir, mais au fond de nous-mêmes nous savons très bien que notre péché nous rend bien imparfaits. Quel chrétien ne reprendrait pas pour lui-même le sentiment que Paul exprime en Romains 7:24: "Misérable que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?..."

Nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. L'univers tout entier souffre des conséquences du péché de l'homme. Un peu plus loin dans la même épître, Paul écrit: "Nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement" (Ro 8:22). C'est la raison pour laquelle tout ce que nous pouvons connaître sur la terre est marqué du sceau de l'imperfection. Toute la création souffre en raison des conséquences du péché, attendant la consommation de toutes choses, lorsque la malédiction sera finalement levée.

Tout sera alors parfait. La souffrance, l'affliction et les douleurs de toute la création disparaîtront finalement. "Les rachetés de l'Eternel retourneront, ils iront à Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête; l'allégresse et la joie s'approcheront, la douleur et les gémissements s'enfuiront" (Es 35:10).

Non seulement la création sera rachetée, mais nous pourrons obtenir une perfection glorieuse. Tout notre être – âme et corps – sera complètement renouvelé et irréprochable. Comme l'apôtre Jean l'a écrit: "Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsqu'il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est" (1 Jn 3:2).

Nous ne pouvons même pas l'imaginer maintenant – "ce que nous serons n'a pas encore été manifesté" – mais nous serons rendus semblables à l'image de Christ. C'est précisément pour cette raison que Dieu nous a choisis de toute éternité: "être semblables à l'image de son Fils" (Ro 8:29). "En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui" (Eph 1:4). Dieu a déjà commencé son oeuvre en nous, et nous avons la certitude qu'il l'achèvera, car "celui qui a commencé en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ" (Ph 1:6). Et, lorsque nous verrons Christ, instantanément nous deviendrons parfaits, et nous pourrons enfin le voir tel qu'il est vraiment.

Le ciel est l'endroit parfait pour ceux qui seront rendus parfaits. La perfection est le but de l'œuvre de sanctification que Dieu opère en nous. Il ne nous rend pas simplement meilleurs que nous ne sommes; il nous rend semblables à l'image de son fils. Pour autant qu'une humanité glorifiée puisse ressembler à la divinité incarnée et exaltée, nous ressemblerons à notre Seigneur. Il nous rendra capables de demeurer dans sa présence pour toujours. Notre salut est l'ultime perfection du ciel. C'est la raison pour laquelle il nous a choisis dès avant la fondation du monde.

Dieu commence en nous son processus de perfectionnement dès l'instant de notre conversion, lorsque nous abandonnons notre incrédulité pour nous tourner vers la foi en Christ. Dès cet instant, le Saint-Esprit nous régénère. Il nous donne un cœur nouveau et une nouvelle aspiration pour la sainteté (Ez 36:26). Notre volonté obstinée est alors transformée sous sa main. Nos cœurs s'ouvrent pour accueillir la vérité au lieu de la rejeter. Il nous permet de croire plutôt que de douter. Il crée en nous une faim de la justice et un désir qui se porte vers lui. C'est ainsi que la nouvelle naissance transforme la personne intérieure. Dès ce moment-là, tout ce qui se produit dans notre vie – en bien ou en mal – est utilisé par Dieu pour nous rendre semblables à l'image de Christ (Ro 8:28-30).

En ce qui concerne notre condition devant Dieu, nous sommes instantanément déclarés parfaits. Nous sommes revêtus d'une justice parfaite (Es 61:10; Ro 4:5), ce qui nous procure instantanément un sentiment d'assurance dépourvu de toute crainte de la condamnation (Ro 5:1; 8:1). Cela est le grand privilège auquel se réfère l'Ecriture lorsqu'elle dit que Dieu "nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ" (Eph 1:3). Et lorsque Paul écrit que Dieu "nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ" (Eph 2:6), il parle de nouveau de cette position de faveur que nous avons auprès de Dieu et qui nous a été octroyée par la grâce seule. Il est vrai que nous ne sommes pas assis physiquement et littéralement avec Christ dans les lieux célestes. Mais, dans la cour éternelle de Dieu, cela est la position élevée que Dieu nous a assignée.

Mais l'œuvre de Dieu ne s'arrête pas là. Nous ayant déclarés judiciairement justes (l'Ecriture appelle cela la justification), Dieu ne cesse jamais de nous former à l'image de son fils (il opère notre sanctification). Bien que notre position légale soit déjà parfaite, Dieu nous rend également parfaits. Le ciel est un lieu d'une sainteté absolue, et nous ne serions pas en mesure d'y vivre si nous n'étions pas rendus saints également. Ainsi, dans un certain sens, la bénédiction que représente la justification est la garantie de Dieu qu'il nous conformera vraiment à l'image de son fils (ce que l'on appelle la glorification). "Ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés" (Ro 8:30).

Les semences de notre ressemblance à Christ sont plantées en nous au moment de notre conversion. Colossiens 2:10 dit que nous avons "tout pleinement en lui". Pierre ajoute que les croyants ont reçu "tout ce qui contribue à la vie et à la piété" (2 Pi 1:3). Si vous êtes chrétien, la vie de Dieu habite votre âme. Vous possédez ainsi tout ce dont vous avez besoin pour aller au ciel. Le principe de la vie éternelle est déjà en vous, ce qui signifie que vous avez dès à présent le droit de demeurer au ciel. Vous êtes déjà passé de la mort à la vie (Jn 5:24). Vous êtes une nouvelle créature. Alors que vous étiez esclave du péché par le passé, vous êtes maintenant devenu esclave de la justice (Ro 6:18). Et, au lieu de recevoir le salaire du péché, qui est la mort, vous avez reçu le don de Dieu qui est la vie éternelle (Ro 6:23). La vie éternelle signifie la vie abondante (Jn 10:10). C'est un peu comme une fontaine de puissance spirituelle, qui nous donnerait toute la satisfaction et la capacité de vivre la vie à laquelle nous sommes appelés (Jn 7:38). Comme Paul l'écrit, "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Co 5:17).

Mais, soyons honnêtes. Même le plus engagé des chrétiens ne ressent pas toujours que "toutes choses sont devenues nouvelles". Nous ne nous sentons pas toujours comme étant une "nouvelle création". Généralement, nous sommes bien plus conscients du péché qui est en nous que des fleuves d'eau vive dont Christ a parlé. Bien que nous ayons "les prémices de l'Esprit", nous aussi "nous soupirons en nous-mêmes" (Ro 8:23). Et nous soupirons ainsi toute notre vie. Souvenons-nous que ces paroles ont été écrites non pas par un chrétien instable fraîchement converti, mais par un apôtre qui avait atteint la maturité, et qui s'écrie pourtant en Romains 7:24: "Misérable que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?..."

Voici donc le problème: comme Lazare, nous sommes sortis du tombeau, encore recouverts de nos habits d'enterrement. Nous nous trouvons incarcérés dans notre chair. La "chair", dans un sens biblique, ne signifie pas seulement notre corps physique, mais également nos pensées et nos habitudes empreintes du péché qui demeure en nous jusqu'à ce que nos corps soient finalement glorifiés. Lorsque Paul parle de l'opposition entre "chair" et "esprit", il ne fait pas seulement la distinction entre ce qui est matériel et ce qui est immatériel, à la manière dualiste du gnosticisme et du Nouvel Age. Il utilise le mot chair pour se référer à la tendance au péché – un principe de péché – qui demeure présent même dans une personne rachetée.

Il se sert de sa propre expérience pour aborder clairement le problème. Voici ce qu'il dit:

"Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi. Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair: j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi." Romains 7:15-21

Si vous cherchez à comprendre dans quel sens l'apôtre Paul emploie le mot chair, ce dernier passage nous en donne la définition. La chair est "Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi" (v. 21). Cela inclut toutes les mauvaises habitudes et les pensées coupables qui font partie de notre vie avant notre rencontre avec Christ. Ces influences charnelles doivent encore être éliminées, et elles risquent de nous ennuyer sérieusement toute notre vie.

Ainsi, bien qu'au plus profond de notre être nous soyons de nouvelles créatures, investies de tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété, nous ne pouvons apprécier pleinement cette nouveauté de vie en raison de la persistance du péché.

Comme Paul, nous "[prenons] plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur" (v. 22). Seul le principe de la vie éternelle qui est en nous peut expliquer une telle attitude d'amour pour la loi de Dieu. Mais en même temps, la chair nous gêne et nous tient prisonniers, un peu comme des vêtements funéraires étroitement serrés sur quelqu'un qui serait sur le point d'être enseveli. Le principe de la chair est littéralement en guerre contre le principe de la nouvelle vie en Christ. Bien que nous prenions plaisir à la loi de Dieu, il y a en nous "une autre loi, qui lutte contre la loi de [notre] entendement, et qui [nous] rend captif[s] de la loi du péché qui est dans [nos] membres" (v. 23).

Comment cela peut-il être? Après tout, Paul a écrit un peu plus tôt dans la même épître que nous étions libres à l'égard du péché. Nous sommes censés être "affranchis du péché et... esclaves de Dieu" (6:22). Comment peut-il maintenant nous dire que nous sommes "captifs de la loi du péché" (7:23)?

Etre esclave n'est pas tout à fait la même chose qu'être captif. Lorsque nous étions des pécheurs qui n'étaient pas rachetés par la grâce de Dieu, nous étions des esclaves consentants du péché. En tant que chrétiens pas encore glorifiés, nous sommes des "captifs", des prisonniers involontaires d'une armée ennemie qui a déjà été défaite. Bien que le péché puisse nous frapper et tirer avantage de nous, il ne peut pas nous détruire. Le pouvoir du péché sur nos vies est brisé. Il est "présent" dans la vie du croyant (7:21), mais notre vraie allégeance est maintenant envers le principe de justice (v. 22). C'est dans ce sens que "toutes choses sont devenues nouvelles" (2 Co 5:17) – même si, parfois, il semblerait que nous tombions dans nos vieux schémas de pensée ou de comportement de péché.

Dieu opère un changement à partir de l'intérieur. Il a planté une graine de vie éternelle incorruptible profondément dans l'âme du croyant. Nous avons de nouveaux désirs et la faculté de plaire à Dieu. Nous avons reçu un cœur nouveau et un amour renouvelé pour Dieu. Et ceci contribue finalement à notre croissance dans la grâce.

Paul souligne un aspect fascinant de la transformation intérieure du croyant. En 2 Corinthiens 3, il compare les effets de notre salut avec ce qui arriva à Moïse lorsqu'il eut part à la gloire de Dieu au Mont Sinaï. Paul rappelle aux Corinthiens que lorsque Moïse descendit de la montagne après avoir donné les Tables de la Loi, son visage était éclatant. Cet éclat était tellement fort qu'il dut recouvrir son visage d'un voile, afin que le peuple puisse le regarder sans être ébloui (Ex 34:29-33). Cependant, même cette gloire-là était bien pâle (2 Co 3:7), car elle ne faisait que refléter la gloire de Dieu.

En comparaison, "la gloire à venir qui sera révélée pour nous" (Ro 8:18) est une gloire d'un éclat éternel; elle n'est pas un reflet, mais elle vient de l'intérieur. Paul dit que "nous tous dont le visage découvert reflète la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur" (2 Co 3:18).

En d'autres termes, l'Esprit de Dieu nous élève d'un niveau de gloire à un autre. Alors que nous regardons dans le "miroir", ce que nous voyons n'est qu'un reflet de "Christ en [nous], l'espérance de la gloire" (Col 1:27). Et alors que nous contemplons sa gloire, l'éclat de notre ressemblance à Christ brille d'une clarté plus grande. Un jour, nous le verrons non seulement au travers d'un pâle reflet, mais nous nous tiendrons réellement en sa présence: "Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face" (1 Co 13:12). Et pendant que nos regards seront sur la personne de Christ, nous serons instantanément transformés à son image. "Nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est" (1 Jn 3:2).

Bien que le péché ait meurtri nos âmes et faussé nos esprits – bien qu'il ait marqué notre volonté, nos pensées et nos émotions – nous qui connaissons Christ avons déjà eu un avant-goût de la rédemption. Nous languissons donc après ce jour où notre rédemption sera complète. Nos désirs se portent vers ce lieu où les graines de la perfection qui ont été semées en nous pourront enfin s'épanouir. Notre rédemption sera alors achevée et nous aurons été amenés à la perfection (Hé 12:23). C'est exactement ce que représente le ciel pour nous.

Une âme rachetée

Au ciel, il ne restera aucune trace de notre nature pécheresse. En réalité, personne ne pourra entrer au ciel ou y habiter sans être rendu absolument parfait.

L'Ecriture utilise souvent un langage imagé pour parler de cet état de perfection. Elle emploie en particulier le symbole de la robe blanche qui est portée par tous les rachetés. Voici ce que dit Apocalypse 6:11 à propos des martyrs de l'Apocalypse finale : "Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu'à ce que soit complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux." La robe blanche symbolise la sainteté, la pureté et l'absolue perfection. En Apocalypse 7:14, nous voyons l'un des vieillards dire: "Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'Agneau." La Bible souligne régulièrement la perfection de ceux qui pourront aller au ciel.

L'Ecriture nous dit que sans la sainteté, "personne ne verra le Seigneur" (Hé 12:14). Ce que Dieu accomplit ne consiste pas uniquement à nous justifier et à nous vêtir d'une justice légale, après quoi il pourrait nous laisser vêtus de notre habit funéraire qu'est la chair. Dans son amour et sa grâce, il nous rend conformes – cœur, âme, esprit et chair – à une qualité qui sied à la position élevée à laquelle il nous place lui-même.

Toutefois, il ne faut pas se méprendre. Ceci ne signifie aucunement que notre sainteté personnelle nous permette d'accéder au ciel ou d'acquérir l'acceptation de Dieu. Nous ne pouvons aller au ciel que grâce à la justice parfaite de Christ, qui nous est imputée pour notre justification. La sainteté acquise dans notre sanctification personnelle n'est en aucun cas méritoire.

De plus, elle ne pourra jamais nous amener à un état de sainteté parfaite, pourtant nécessaire pour accéder au ciel. En effet, notre sanctification est un processus de croissance terrestre par lequel le chrétien peut atteindre un objectif donné. Cet objectif est la glorification, qui se produira de manière instantanée. Au ciel, nous serons ainsi parfaitement semblables à l'image de Christ. Nous sommes instantanément admis dans la présence de Dieu et glorifiés. Ceci est l'œuvre de sa grâce. Comme nous l'avons souligné au chapitre 3, le processus d'admission au ciel et de glorification n'est précédé d'aucune période d'attente, aucun sommeil de l'âme et aucun purgatoire.

Ce point a été une source fréquente de malentendus. C.S. Lewis lui-même a écrit:

Nos âmes languissent après le purgatoire, n'est-ce pas? Cela ne briserait-il pas notre cœur de s'entendre dire par Dieu: "Il est vrai, mon fils, que ton haleine sent mauvais et que tes habits en lambeaux sont souillés par de la boue. Mais ici, nous sommes charitables, et personne ne te fera aucun reproche ou ne te rejettera pour ces choses. Ne veux-tu pas entrer dans la joie?" Ne répondrions-nous pas: "En toute déférence, Monsieur, et si vous n'y voyez pas d'objection, je souhaiterais être d'abord purifié". – "Cela peut faire mal, tu sais". – "Que m'importe, Monsieur." (C.S. Lewis. Letters to Malcolm)

Nous avons vu que l'Ecriture ne fait absolument aucune allusion au purgatoire, et, de plus, rien n'indique que notre glorification sera douloureuse d'une manière ou d'une autre. Bien au contraire, comme nous l'avons déjà souligné, l'Ecriture suggère plutôt que, dès le moment de la mort, l'âme du croyant est instantanément glorifiée et entre dans la présence de Dieu. Quitter ce monde signifie pour le croyant demeurer avec Christ (Ph 1:23). Nous serons transformés à son image dès l'instant où nous le verrons. Cette transformation sera empreinte de sa grâce, et elle se produira de manière paisible, indolore et instantanée. Paul dit: "Nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur" (2 Co 5:8).

Remarquez que Paul indique que les chrétiens qui sont au ciel en cet instant ont "quitté ce corps". Le corps prend le chemin de la tombe, mais l'âme, elle, est immédiatement admise au ciel. Hébreux 12:23 suggère également que tous les saints qui sont morts et qui sont maintenant au ciel y sont en l'absence de leur corps. Ce passage décrit le ciel comme la demeure des "esprits des justes parvenus à la perfection". Toutefois, nous ne resterons pas de simples esprits durant l'éternité tout entière. Nos esprits glorifiés seront réunis à nos corps glorifiés lors de la résurrection finale. (Nous reparlerons de ce point plus loin dans ce chapitre.)

A quoi ressemblera l'âme devenue parfaite? La vérité la plus évidente est qu'elle sera entièrement libre de tout péché et de tout mal. Nous n'aurons plus jamais de désirs égoïstes et nous ne prononcerons plus jamais de paroles vaines et inutiles. Nous ne pratiquerons plus jamais d'œuvre mauvaise et nous n'aurons plus jamais de pensée coupable. Nous serons parfaitement libres à l'égard du péché, et nous pourrons enfin pratiquer ce qui est juste, saint et parfait aux yeux de Dieu. Pouvez-vous vous imaginer que vous serez un jour ainsi? Pour ma part, j'ai du mal à m'imaginer moi-même dans un état de perfection. Mais une chose est certaine: il n'y aura aucune imperfection au ciel!

Apocalypse 21:27 nous dit: "Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination et au mensonge." Aucun de ceux qui sont souillés par le péché n'entrera jamais dans la cité céleste; ainsi, le péché ne sera plus jamais une menace.

Qu'en est-il des traces de nos péchés passés? Apocalypse 22:14-15 dit ceci: "Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville! Dehors les chiens, les magiciens, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge!" Certes, le péché caractérise la personne que nous étions autrefois, mais non pas celle que nous sommes. Maintenant, nous sommes de nouvelles créatures en Christ, nous sommes complètement pardonnés et nos péchés sont lavés, et nous sommes rendus parfaits en Christ pour toujours. Comme Paul l'a écrit aux Corinthiens:

"Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas: ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu. Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns d'entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus- Christ, et par l'Esprit de notre Dieu." (1 Corinthiens 6:9-11)

Tous les croyants peuvent s'appuyer avec confiance sur cette pensée: Dieu nous a déjà justifiés afin de nous libérer de la culpabilité du péché. Maintenant, il opère son oeuvre de sanctification en nous afin de nous délivrer de la corruption du péché. Et, un jour, il nous glorifiera afin de nous libérer de la présence même du péché – pour toujours !

Si vous n'êtes pas chrétien, vous devez saisir par la foi cette vérité: le péché qui vous tiendra éloigné du ciel ne connaît aucun autre remède que le sang de Christ. Si vous êtes fatigué et chargé, si le poids de la culpabilité vous accable, il vous offre la vie, le pardon et le repos éternel: "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos" (Mt 11:28). Il ne rejettera personne: "Et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi" (Jn 6:37). Tous sont invités: "Et l'Esprit et l'épouse disent: Viens. Et que celui qui entend dise: Viens. Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut prenne de l'eau de la vie, gratuitement" (Ap 22:17).

Il n'y aura plus aucun péché au ciel, il n'y aura plus de souffrance, plus de tristesse, plus de douleur. Il n'y aura rien que nous puissions faire et qui pourrait déplaire à Dieu. Il n'y aura plus de tentation, parce que le monde, la chair et le diable seront les grands absents. Il n'y aura plus de persécutions, plus de divisions, plus de désunions, plus de haine. Aucune querelle ne nous divisera. Nous ne connaîtrons ni l'insatisfaction ni la déception. La prière, le jeûne, la repentance et la confession du péché cesseront, simplement parce que le besoin pour ces choses aura disparu. Il n'y aura rien à confesser et rien à demander en prière. Il n'y aura plus de pleurs, parce qu'il n'y aura rien qui pourra nous attrister. Le péché et toutes ses conséquences indésirables ayant disparu, la vie sera une bénédiction inimaginable et sans fin!

Nous connaîtrons alors le plaisir parfait. Le Psaume 16:11 nous dit: "Il y a d'abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite". Tout ce qui nous fait gémir aura disparu, car nous serons dans la présence même de Dieu, là où se trouve le plaisir le plus pur et le plus vrai. Tous les plaisirs que nous avons pu connaître ici-bas, alors que nous vivons sous la malédiction du péché, sont insignifiants; ils pâlissent devant la pureté des délices que nous réserve le ciel. Lorsque nos âmes seront renouvelées, nous serons réellement en mesure d'adorer Dieu de manière parfaite. Nous pourrons alors être parfaitement heureux dans sa présence pour toujours, comme il l'a prévu de toute éternité. Puisque rien n'est meilleur ou plus grand que Dieu lui-même, le plaisir de sa présence sera l'essence même du bonheur parfait que nous vivrons continuellement.

Au ciel, nous aurons également une connaissance parfaite. Paul écrit: "Alors je connaîtrai comme j'ai été connu" (1 Co 13:12). Puisque nous sommes connus entièrement, cela signifie que nous connaîtrons entièrement. Toutefois, ceci ne signifie pas que nous atteindrons l'omniscience, car l'omniscience est l'un des attributs personnels et incommunicables de Dieu. Il faudrait être Dieu pour avoir toute la connaissance. Toutefois, ce passage indique que notre connaissance sera aussi complète que l'on puisse le désirer. Il n'y aura plus aucune question restée sans réponse, il n'y aura plus de confusion, d'ignorance, et plus aucun besoin de marcher par la foi plutôt que par la vue.

Nous vivrons également un confort parfait. Nous ne connaîtrons aucun moment désagréable. Dans le récit de Lazare et de l'homme riche, Abraham dit à l'homme riche qui se trouve en enfer: "Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres" (Lc 16:25). L'enfer est un lieu d'agonie, le ciel est un lieu de confort.

Nous connaîtrons finalement l'amour parfait. La première épître aux Corinthiens nous dit que "maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour" (13:13). Pourquoi l'amour est-il la plus grande de ces trois vertus? Parce que c'est la seule qui soit éternelle. Au ciel, tous nos espoirs se réaliseront. "L'espérance qu'on voit n'est plus espérance: ce qu'on voit, peut-on l'espérer encore?" (Ro 8:24). Tout ce que nous avons saisi par la foi sera nôtre pour toujours. La foi disparaîtra lorsque nous verrons face à face. Mais l'amour, lui, demeurera, car nous pourrons aimer parfaitement, et nous serons aimés parfaitement durant l'éternité tout entière. Jean 13:1 nous dit que Christ aima ses disciples eis telos – jusqu'à la fin, jusqu'à la perfection. Ce même amour nous comblera pour toujours. Nous serons également capables d'aimer d'un amour parfait en retour.

Nous pourrions résumer ce que nous avons vu en disant que le ciel est un lieu où règne une joie parfaite. Dans ce monde, notre joie est constamment ternie par l'affliction, le découragement, la déception ou l'inquiétude. Le péché, le chagrin et l'abattement imprègnent le peu de bonheur que nous pouvons avoir. Un regard honnête sur la vie dans ce monde nous conduit à reconnaître que nous y vivons plus de larmes que de réelle joie. Notre vie ici commence dans la joie d'une nouvelle naissance, mais elle se termine inévitablement dans l'affliction et le chagrin, la mort et la séparation. Mais au ciel, les choses seront différentes. Le ciel est un lieu où règne une joie inaltérable. A la fin de la parabole des talents en Matthieu 25, le Seigneur dit au bon serviteur: "C'est bien, bon et fidèle serviteur ... entre dans la joie de ton maître" (v. 1, 23).

Il y aura de la joie au ciel, puisque Jésus le dit! Mieux encore, il s'agit d'une joie qui ne diminuera en rien avec le temps, d'une joie qui ne tarira jamais. Il doit en être ainsi, parce que la perfection céleste ne connaît point de changement.


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