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Le bien et le mal

La plupart des gens ne connaissent le christianisme que superficiellement et n’y portent que très peu d’intérêt. Tout cela parce que l’Église, toutes dénominations confondues, a très rarement marché dans le plan que Dieu avait prévu pour elle. Elle, dont la principale mission était de répandre le message de l’Évangile, s’est plutôt investie dans la moralisation des peuples qu’elle a conquis. Sous sa gouverne, tout n’est que lois, règles et commandements dans le but de maintenir l’ordre. Le péché est vu comme le seul ennemi à abattre.

Tout de même!

Certains diront que la Parole de Dieu impose des règles morales très bien ordonnées. Mais il ne faut pas pour autant réduire l’Évangile à une œuvre de moralité, car ce n’est pas son rôle. Les qualités morales enseignées dans l’ensemble de la Bible sont présentées comme des fruits du salut et non pas des conditions pour l’obtention de celui-ci. J’irais même jusqu’à dire que le but du salut n’est certainement pas une meilleure moralité, mais une connaissance personnelle et profonde de la volonté de Dieu. Le croyant ne marche plus alors que dans la «connaissance du bien et du mal», mais dans le plan de Dieu. Comprenez-moi bien, je ne cherche pas à banaliser l’immoralité. Je veux plutôt démontrer que même si un chrétien parvenait à faire tout ce qui est bien en se détournant du mal, il ne serait pas pour autant entrain de marcher avec Dieu.

Pourquoi donc?

Ceux qui connaissent l’Ancien Testament savent que l’origine du bien et du mal remonte à la Chute de l’homme racontée dans le chapitre 3 de la Genèse. Ceci dit, souvenons-nous qu’avant la Chute, le bien et le mal ne faisaient pas partie du plan initial que Dieu avait prévu pour l’homme. La connaissance du bien et du mal est venue de Satan au moment de la séduction. Même si on a souvent prétendu que la Chute de l’homme en Éden était liée avec la sexualité, c’est faux, car ce péché n’a rien à voir avec le sexe, mais bien avec la connaissance du bien et du mal. «Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.» (Genèse 3:4-5)

L’origine du mal?

Dans l’Histoire, plusieurs grands philosophes et théologiens se sont questionnés sur l’origine du mal. La réponse est simple: le mal provient de la Chute de l’homme. Mais il n’y a pas que l’origine du mal qui devrait nous intéresser, le bien aussi tire son origine de la Chute d’Adam. Par sa nature, le principe du péché pousse l’homme à agir mal. Cependant, lorsqu’il agit bien, il marche également dans le péché. Vous me direz peut être: comment le bien peut-il être qualifié de péché? Il peut être qualifié ainsi lorsqu’il est le fruit d’une intention indépendante de la volonté de Dieu. En réalité, le seul vrai bien que Dieu reconnaisse comme tel est celui qui découle de la connaissance personnelle de sa volonté. En cela, il est vrai que le christianisme a souvent échoué. Plutôt que d’insister sur la nécessité de connaître Dieu et de sa Parole afin que sa volonté soit comprise, il s’est limité à une réforme morale qui a entraîné l’homme à agir dans le bien de la Chute.

Le résultat

Il n’est donc pas étonnant que les gens de nos sociétés rejettent le christianisme. Puisque ce dernier n’avait rien d’autre à proposer qu’une bonne conduite morale, l’homme n’a rien trouvé qui puisse satisfaire son âme. C’est d’autant plus vrai que cette moralité-là n’est pas sous la bénédiction de Dieu, mais du diable. Marcher sérieusement avec Dieu découle d’une réelle connaissance de sa personne alors que la religion est le fait de marcher dans un code moral orienté vers le bien, mais ayant pour fin la frustration et la désolation parce que Dieu ne s’y trouve pas.

Réal Gaudreault, pasteur de l’Assemblée Chrétienne La Bible Parle, Saguenay.

 


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