L'été peut transformer la solitude en une épreuve douloureuse, mais comme le Christ l'a expérimenté, Il est présent pour la partager et la transformer. Découvrez comment sa présence promise devient une source de vie au cœur de nos plus grands vides.
Été, chaleur & solitude… | juillet- août 2026
Pensée du mois de juillet-août
Aimer, c’est prendre soin de la solitude de l’autre, sans jamais la combler, ni même la connaître.
- Christian Bobin.
Le Seigneur Dieu se dit : il n’est pas bon que l’être humain soit seul. Je vais lui faire un vis-à-vis qui lui corresponde, capable de le secourir.
- Genèse 2:18
L’été, la chaleur et la solitude ont un point commun avec le cholestérol ; de même qu’il y a le bon et le mauvais cholestérol, l’été, la chaleur et la solitude existent en deux versions, la bonne et la mauvaise 1.
L’été peut offrir des jours de dépaysement, riches en moments de qualité, une période durant laquelle on prend enfin le temps, de se poser, se reposer, de renouer des liens, de réfléchir, de porter un regard plein de reconnaissance et d’appréciation sur nos vies. Mais cela peut aussi être une saison pénible à affronter parce qu’elle souligne et appesantit nos difficultés ou nos souffrances.
La chaleur est souvent bienfaisante, surtout si nous avons enduré de longs mois froids et humides. Elle détend nos muscles, nous permet d’alléger notre garde-robe, elle donne de la saveur aux eaux fraîches et aux boissons désaltérantes… mais, lorsqu’elle devient implacable, étouffante, suffocante, meurtrière même, elle n’est plus notre amie, elle nous effraie, nous agresse et nous enferme dans sa fournaise.
Quant à la solitude, bien évidemment, elle sait s’adapter à toutes les saisons, toutes les situations, tous les âges et tous les continents, mais elle a un goût particulier l’été. L’été est favorable à la « bonne » solitude, comme le chante ZAZ : J’aime la solitude parfois, celle que l’on choisit pour discuter avec soi, celle qui fait pas mal et qu’on peut mettre en sourdine, celle qu’on peut se retirer comme une épine…2, mais il peut aussi être le terreau de la mauvaise solitude, celle que l’on subit, qui fait mal, que l’on peine à mettre en sourdine et qu’on ne peut retirer comme une épine dans le pied.
L’été peut devenir un « exhausteur » de la mauvaise solitude. Le tourbillon de la vie courante, routine, activités, obligations sociales, rendez-vous multiples — qui se glissent dans nos agendas comme des fourmis sur un rayon de miel — sont souvent les cache-misères d’une solitude souterraine. Le changement de cadre, de rythme, d’habitudes fait s’évaporer ces illusions et inonde d’une lumière crue la réalité de notre vie intérieure. Il n’y a pas de pire solitude que celle que l’on éprouve dans une relation vide, où l’on partage tout sauf l’essentiel3.
Que cette relation soit celle qui nous lie aux humains, à nous-mêmes ou à Dieu, le résultat est identique, un tourment invisible, qui donne naissance à une spirale infernale, nous endurons la solitude et cette souffrance non partagée, incomprise, nous isole encore un peu plus…
Le Christ, dans son humanité, a expérimenté toute la gamme des solitudes. Il organisait régulièrement des moments d’isolement choisis, la nuit, sur une montagne ou dans un lieu désert ; des parenthèses de discussions, d’écoute, de dialogue, avec lui-même et avec son Père d’en Haut.
Il a aussi connu la solitude qui fait mal, celle dont les dents aiguës grignotent l’intérieur, là où aucune main ne peut s’interposer pour la neutraliser. L’incompréhension permanente de ses contemporains, de sa famille, de ses proches ou des foules qui le cherchaient et le fuyaient comme des vagues sur le rivage. Il a expérimenté la terrible solitude de cette dernière nuit, celle où, malgré ses demandes réitérées, il est resté désespérément abandonné, et finalement, l’apothéose de la solitude, celle de la croix où même le Ciel lui a tourné le dos.
J’aimerais pouvoir vous dire que ça va aller mieux, que la douceur de l’été va chasser la canicule, et la solitude qui blesse, mais ce serait mentir… oui, ça peut aller mieux, ou bien s’aggraver…
Il y a cependant une certitude inébranlable, une promesse sans condition, celle de Sa présence jusqu’au bout de nos vies où du monde, en tout cas, de notre monde…4
Même en période de profonde solitude « ressentie », Il est là, Il sera toujours là, et, si la solitude nous blesse, Il est avec nous pour en prendre soin. Il ne la comble pas toujours — parfois le vide est un mal nécessaire — mais Il la comprend et la partage pleinement.
Nous avons besoin de patience, attendre obstinément sa venue. Et puis, un jour, comme une source secrète qui sourde dans le désert, transforme en Oued un chemin de poussière, sa présence infiltre nos plus grandes solitudes pour en faire un courant qui donne la vie.
Parfois solitaire, mais toujours solidaire avec mes sœurs et mes frères en solitude choisie ou subie,
Philip
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1 J’aurais pu parler du bon et du mauvais chasseur, mais tout le monde n’a pas la référence 😊
2 ZAZ J’aime, j’aime, j’aime. Autrice : Manon Romiti.
3 Colette.
4 Matthieu 28. 20
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