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Quand Dieu dit: NON !

Que de fois, au cours de notre enfance – vous vous en souvenez sans doute comme moi – nous avons assiégé nos parents pour arracher à tout prix ce dont nous avions envie, en insistant jusqu'à ce qu'ils cèdent.
Or nous, chrétiens, traitons parfois notre Père céleste de la même manière, oubliant que Dieu est souverain et que de ce fait il ne cède pas nécessairement à nos caprices. Souvent aussi nous prenons notre volonté pour celle de Dieu, sans nous douter que nous marchons ainsi sur les traces de Satan lui-même (cp. Ezéchiel 28:2).
Or Dieu est au ciel, il voit les choses d'en haut, et il connaît l'avenir de toute éternité. Dieu est infiniment grand et il sait toutes choses infiniment mieux que nous. N'a-t-il pas dit: "Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées"? (Esaïe 55:9)

Pour mieux saisir cette leçon importante, laissons-nous instruire par une expérience faite par le roi David, il y a 3000 ans.

Quand Dieu dit: NON !

Pendant vingt ans, personne ne s'était occupé de l'arche de l'Alliance, symbole de la sainteté et de la présence de Dieu en Israël, qui avait été oubliée à Kirjath-Jearim. (1 Samuel 7:2). David la sortit donc de sa "cachette" (2 Samuel 6:1-3; cp. Psaume 132:6) et il la fit ramener à Jérusalem; (1 Chroniques 15) dès lors, il organisa le culte de l'Eternel, y faisant participer les 38 000 Lévites, (1 Chroniques 23:3) les 24 classes de sacrificateurs, (1 Chroniques 24:4) 288 chantres et musiciens (1 Chroniques 25:7) et 93 portiers. (1 Chroniques 26:8-11)
Tous étaient là, prêts à entrer en fonction; mais où donc allaient-ils célébrer le culte de l'Eternel? Serait-ce autour de la tente que David avait fait dresser pour abriter l'arche? Non, la dignité de Dieu exigeait un autre décor. On comprend d'autant mieux le désir ardent du roi d'élever un Temple pour servir de cadre à une adoration qui devait honorer son Dieu. Il s'en ouvrit à Nathan, le prophète: "Vois donc! j'habite dans une maison de cèdre, et l'arche de Dieu habite au milieu d'une tente". (2 Samuel 7:2)

David n'avait-il pas raison d'éprouver un certain malaise en habitant un palais, alors que l'arche était sous une tente? Certes il fallait au plus vite corriger cette anomalie en installant l'arche de Dieu dans une demeure décente. Aussi Nathan ne put-il qu'appuyer David dans sa détermination: "Va, fais tout ce que tu as dans le coeur, car l'Eternel est avec toi". (2 Samuel 7:3)

L'intention de David n'était pas seulement logique, elle était louable. N'émanait-elle pas d'un profond désir de "chercher premièrement le royaume et la justice de Dieu", (Matthieu 6:33) c'est-à-dire de placer les intérêts de l'Eternel avant les siens? De plus, ne sera-ce pas pour une raison analogue que, beaucoup plus tard, l'un de ces géants de la foi – qu'on a appelés à tort les petits prophètes – adressera de sévères reproches aux chefs d'Israël en leur disant: "Est-ce le temps pour vous d'habiter vos demeures lambrissées, quand cette maison (la maison de Dieu) est détruite?" (Aggée 1:4)

Oui, l'intention de David était logigue, louable et même bonne aux yeux de Dieu, ce que le fils de David, Salomon, rappellera d'ailleurs plus tard: "L'Eternel dit à David, mon père: Puisque tu as eu l'intention de bâtir une maison à mon nom, tu as bien fait d'avoir eu cette intention". (1 Rois 8:18; 2 Chroniques 6:8) Pourtant – et c'est là qu'apparaît le problème – cette intention de David, logique, louable et en quelque sorte approuvée de Dieu, ne correspondait pas au calendrier et à l'horaire de Dieu. Aussi David s'est-il heurté à un non catégorique. Les versets 4 à 16 de 2 Samuel 7 racontent comment le plan divin a été communiqué au prophète Nathan, un plan différent de celui de David, puisqu'il en reportait l'exécution d'une génération: "La nuit suivante, la parole de l'Eternel fut adressée à Nathan: Va dire à mon serviteur David: Ainsi parle l'Eternel: Est-ce toi qui me bâtirais une maison pour que j'en fasse ma demeure? Mais je n'ai point habité dans une maison depuis le jour où j'ai fait monter les enfants d'Israël hors d'Egypte jusqu'à ce jour; j'ai voyagé sous une tente et dans un Tabernacle..." (2 Samuel 7:4-6).

Dieu acceptait le plan de David, mais il en différait la réalisation: "L'Eternel t'annonce qu'il te créera une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes entrailles, et j'affermirai son règne. Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom... " (2 Samuel 7:11-13)

Pourquoi Dieu dit: NON!

Sans doute le message de Dieu révélé à Nathan a-t-il causé une vive déception à David qui, dans son attachement à Dieu, s'était réjoui de lui construire un magnifique Temple. Mais la volonté de Dieu lui fut clairement signifiée. David ne pouvait s'y méprendre: la réponse négative de Dieu était formelle. Avant que David ne pense à lui construire une maison, Dieu voulait construire une maison à David.

David ignorait les raisons du refus de Dieu. Il arrive que nous ne saisissions pas non plus ce que Dieu désire pour nous. Lorsque le Seigneur Jésus lavait les pieds de ses disciples et que Simon Pierre s'y opposait, le Seigneur lui a dit: "Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt". (Jean 13:7) La volonté de Dieu est très souvent un mystère pour nous; mais l'Ecriture nous enseigne à respecter les mystères. Si nous laissons au Seigneur le temps de nous éclairer, nous découvrirons – avec les semaines, les mois ou les années – les grandes bénédictions qui sont en gestation derrière les expressions de sa volonté. L'apôtre Paul priait pour que les Colossiens soient enrichis "d'une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance". (Colossiens 2:2-3)

Oui, de véritables trésors sont parfois cachés derrière une réponse négative de Dieu. Ce n'est qu'après des années que David a découvert les trésors de sagesse et de connaissance enfouis derrière l'interdiction de construire le Temple. Que son expérience nous encourage donc à faire pleinement confiance au Seigneur, en entrant résolument dans des voies... que nous ne comprenons pas toujours.

a) Pour construire le Temple, il fallait à David un fils nommé "Paix".

Jusqu'alors David n'avait cessé d'affronter des ennemis sur le champ de bataille. Et d'autres conflits allaient encore éclater dans les années à venir, des conflits douloureux suscitant la discorde même au sein de sa propre famille. Tout cela ne lui aurait guère laissé le temps d'édifier le palais de Dieu à Jérusalem. Mais Dieu avait aussi prévu, pour la décennie qui allait suivre, la naissance d'un fils qui serait "bien-aimé de l'Eternel" (2 Samuel 7:12-14 et 12:24) et qui porterait le nom de "Paix", car c'est là ce que signifie le nom de Salomon (1 Chroniques 22:9). Or n'était- il pas indiqué qu'un homme de paix bâtisse la maison destinée au Dieu de paix?

b) Pour construire le Temple, il fallait d'abord rassembler des matériaux.

La majesté du Temple devait être à la mesure de la majesté de Dieu. Un temps considérable était nécessaire à cette époque pour l'exécution d'un projet de cette envergure. Le bois de cèdre était acheminé par mer du Liban jusqu'à un port de la côte d'Israël, puis transporté sur des chemins cahoteux jusqu'au site choisi; les pierres devaient être minutieusement taillées dans une carrière avant d'être acheminées sur des chars vers le chantier (cp. 1 Rois 6:7); les métaux précieux viendraient de fort loin; le cuivre destiné aux ustensiles du Temple serait extrait des fameuses mines du roi Salomon proches d'Eilat, à près de 250 kilomètres de Jérusalem, puis fondu dans les plaines argileuses du territoire de Gad, de l'autre côté du Jourdain (cp. 1 Rois 7:46).
La construction elle-même ne serait donc que l'étape finale d'un long processus de préparatifs. Des préparatifs auxquels David s'est du reste consacré sans réserves, puisqu'il n'a épargné ni ses biens ni ses efforts pour que le Temple projeté soit digne de Dieu. Il rendit un jour ce témoignage: "Mon fils Salomon est jeune et d'un âge faible, et la maison qui sera bâtie à l'Eternel s'élèvera à un haut degré de renommée et de gloire dans tous les pays; c'est pourquoi je veux faire pour lui des préparatifs. Et David fit beaucoup de préparatifs avant sa mort" (1 Chroniques 22:5).

Heureux les enfants pour qui les parents ont fait des préparatifs, afin qu'ils mènent à bien des entreprises dignes du Dieu qu'ils veulent servir! Salomon a abondamment bénéficié du travail préparatoire accompli par son père, car au moment de la construction du Temple, tous les matériaux étaient sur place, façonnés en vue du chef-d'œuvre qu'il allait en tirer.

c) Pour construire ce Temple, il fallait un plan inspiré de Dieu.

Lorsque David avait fait part de son intention à Nathan le prophète, il ignorait que pour construire une maison à Dieu, il devait en recevoir les plans de Dieu lui-même. Comme l'Eternel avait fait connaître à Moïse le modèle du Tabernacle du désert (Exode 25:40; Hébreux 8:5), il fallait aussi qu'il révèle à David son plan pour le Temple de Jérusalem. C'est du reste ce qu'il a fait, comme David en témoigne: "C'est par un écrit de sa main, dit David, que l'Eternel m'a donné l'intelligence de tout cela, de tous les ouvrages de ce modèle" (1 Chroniques 28:19).

Que le Seigneur nous garde d'entreprendre une œuvre pour lui, sans nous assurer au préalable de la forme qu'il veut lui donner; et que son exécution soit aussi en harmonie avec les plans divins. Sinon cette œuvre risquerait d'être la nôtre plutôt que la sienne. Si souvent, hélas, l'homme veut imposer à Dieu ses projets et ses normes, alors que Dieu voudrait, lui, communiquer son modèle à l'homme!

Laissons à Dieu le temps de nous communiquer ses plans. Je pense aux jeunes, en particulier à ceux qui semblent pressés de fonder un foyer. Voulez-vous que votre foyer devienne la maison de l'Eternel? Alors ne vous précipitez pas dans ce choix qui engage votre vie entière. Laissez à Dieu le temps de vous montrer ce qu'il a prévu pour vous. Les matériaux de la construction doivent être désignés par lui, sinon ils ne trouveront pas leur place et leur fonction conformément au plan tracé par l'architecte divin. Et, ne l'oublions pas, le Nouveau Testament précise que tous les matériaux ne conviennent pas à la construction édifiée par Dieu (cp. 1 Corinthiens 3:16-15), cette construction qui doit défier l'épreuve du temps et subsister pour l'éternité.

d) Pour construire le Temple, il fallait un terrain choisi de Dieu.

Pour David, c'était bien là le plus important. La maison de Dieu ne pouvait s'élever n'importe où. Ne devait-elle pas survivre aux siècles... et à l'histoire? Il est vrai que le Temple construit par Salomon autour de l'an 1000 avant Jésus-Christ fut détruit par Nébucadnetsar environ quatre siècles plus tard. Mais n'est-ce pas à ce même emplacement que devra s'élever un jour le Temple où le Seigneur Jésus manifestera sa gloire lors de son retour sur la terre? On comprend dès lors que, malgré ses bonnes intentions, David n'était guère habilité à déterminer l'emplacement de la maison de Dieu, et cela d'autant plus que Dieu l'avait déjà choisi. En effet, mille ans auparavant, Dieu avait désigné ce lieu à Abraham lors du sacrifice de son fils: Morija, un nom qui signifie précisément "choisi de Dieu" (Genèse 22:2).

Beaucoup plus tard, et tout à la fin de la carrière de David, Dieu lui confirmera ce choix, en faisant descendre à cet endroit précis le feu du ciel sur son sacrifice (1Chroniques 21:26); ce qui fit dire à David: "Ici sera la maison de l'Eternel Dieu" (1 Chroniques 22:1). Et sur ce terrain mis à part de toute éternité par le Seigneur, Salomon exécuta le plan de Dieu: "Salomon commença à bâtir la maison de l'Eternel à Jérusalem, sur la montagne de Morija, qui avait été indiquée à David, son père, dans le lieu préparé par David, sur l'aire d'Ornan, le Jébusien" (2 Chroniques 3:1). 

Dieu avait désiré prendre le temps de préparer un architecte, d'ordonner le rassemblement des matériaux, d'inspirer le plan de construction et de choisir lui-même son emplacement. C'eût donc été folie de la part de David de s'entêter dans son projet alors que Dieu avait dit: non!

Ne pensez-vous pas qu'avec le recul, David a mesuré l'ampleur des trésors de sagesse et de connaissance que Dieu avait cachés derrière son incompréhensible volonté "négative" exprimée en 2 Samuel 7?
Ah! pourquoi précipiter les événements et compromettre l'avenir, alors que Dieu veut nous enrichir de bénédictions particulières si, dans une dépendance totale, nous lui laissons le temps de nous les dispenser au rythme de notre croissance spirituelle?

Qui de nous ne s'est heurté, au moins une fois dans sa vie, à un non catégorique de la part du Seigneur? Et comment avons-nous réagi? David fut exemplaire dans ce domaine. Son comportement face à la contrariété montre ce que Dieu attend de ses enfants lorsqu'il leur dit non. Il accepte la décision divine, immédiatement et définitivement. Certes il ne comprend pas tout, mais il fait totalement confiance à son Dieu.
Sa réponse est profondément édifiante (2 Samuel 7:18-29). D'abord il fait preuve d'humilité et ce que Dieu lui dit quant à sa propre maison le confond et le plonge dans un sentiment d'indignité. Puis il fait preuve de dépendance totale à l'égard de son Dieu: "Que pourrait te dire de plus David? Tu connais ton serviteur, Seigneur Eternel!" Ensuite il répand son cœur dans l'adoration et la louange: "Que tu es donc grand, Eternel Dieu! car nul n'est semblable à toi, et il n'y a point d'autre Dieu que toi" (2 Samuel 7:20-22). Et surtout, il reconnaît la seigneurie de Dieu sur sa vie et ses activités. Six fois il prononce les mots "Seigneur Eternel" dans sa prière (v. 18, 19, 20, 28, 29), deux mots qui traduisent l'attachement inconditionnel, l'obéissance entière, la consécration totale inspirés par l'amour. On retrouve ces mêmes mots dans la bouche d'Abraham, au moment où il fait alliance avec lui (Genève 15:2,8) et dans celle d'Esaïe quand il prend sa place de serviteur devant l'Eternel (Esaïe 50:4-5).

Ces mêmes mots jaillissent-ils de nos bouches – ou plutôt de nos cœurs – lorsque Dieu permet pour nous la contrariété, l'attente ou la méconnaissance de ses voies? Qui n'a pas son lot quotidien de problèmes: tensions familiales, échecs aux cours des études incompréhensions de la part d'un collaborateur ou d'un patron, difficultés financières, chômage, etc. A moins qu'il ne s'agisse d'une maladie, d'un état dépressif persistant, d'un accident, d'un deuil. Et vous vous demandez pourquoi cela vous arrive, à vous, en particulier. Cessez d'aborder le problème par le mauvais bout! Cherchez plutôt à percevoir le langage d'amour de Dieu, celui qui se cache derrière la contrariété, car en définitive Dieu désire toujours notre bien.

Une veuve, révoltée à la mort de son mari, avait ordonné au marbrier de graver un seul mot sur la pierre tombale: "Pourquoi?" Pendant des années, elle demeura inconsolable, jusqu'au jour où elle découvrit le Seigneur. Elle convoqua alors le sculpteur et lui dit: "Otez les huit lettres du mot "pourquoi" et remplacez-les par les huit lettres de "parce que". Quant au point d'interrogation, qu'il disparaisse définitivement!

Chers amis lecteurs, voulez-vous, à votre tour, remplacer vos "pourquoi" par des "parce que" ? Vous ferez alors des pas de géants sur le chemin de la foi et de la dépendance de Jésus-Christ, et vous apprendrez à lui dire, six fois comme David, ou soixante fois s'il le faut: "Seigneur Eternel!..."

John H. Alexander


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