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L'oubli dans la vie chrétienne et ses conséquences

Lecture conseillée Psaume 106.6-25

Quel est le jeune chrétien qui ne se réjouisse pas de lire: Merci à Dieu qui nous fait toujours triompher en Christ... (2 Cor 2.14), ou bien: Dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés (Rom 8.37), ou encore: Ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice, règneront-ils dans la vie par Jésus- Christ... (Rom 5.17).
Puis, après quelques pas dans la vie chrétienne, très vite, il constate qu'il y a des hauts et des bas, que sa fidélité est mise à l'épreuve; qu'il ne fait pas toujours les bons choix et que, pris en défaut, il réalise combien est réelle la «tenaille» décrite par l'apôtre Paul: Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas (Rom 7.19), autrement dit: Le mal, je le fais bien, et le bien, je le fais mal. Notre but est de démasquer quelques traits enflammés, qui sont susceptibles d'agiter la vie chrétienne, et qui, surtout, génèrent en nous-même un questionnement stérile et culpabilisant sur la qualité de notre relation avec Dieu, voire même sur la personne de Dieu lui-même.

Nous vous proposons d'observer le peuple de Dieu, alors qu'il est dans le désert, dans ses hauts et ses has; et spécialement, de regarder quelles sont les raisons qui induisent ses réactions.

Un résumé de l'Exode dans le Psaume 106

Dieu a arraché son peuple hors d'Egypte. Il l'a conduit dans le désert, et n'ignore certainement pas les problèmes que cela pose!
Le peuple est ainsi l'objet de toutes les sollicitudes de Dieu, et donc de toutes les ressources divines en matière de renouvellement: repos, victoire en chemin, changement des contrariétés en bénédictions, et surtout expériences spirituelles fortes. Citons, entre autres, la conduite visible de l'Eternel sur les chemins périlleux du désert... Malgré tout, il ne s'agit pas de choses occasionnelles: les soins de la part de Dieu sont de tous ordres, à disposition du peuple, quotidiennement. C'est une «assurance tout risque pour une vie sans risque»!

Et pourtant, les Israélites ne se rappellent pas la multitude variée de la grâce de Dieu, ils oublient ses oeuvres, ils oublient leur Sauveur (Psaume 106.7, 13, 21). A croire que, quand l'homme ne pense qu'à lui-même, pèse ses difficultés, bref se regarde, il en perd toute lucidité...

L'oubli et quelques conséquences

Relevons sommairement ce qui suit immanquablement l'oubli. Ils oublièrent les oeuvres de Dieu, ils n'attendirent pas l'exécution de ses desseins (Ps 106.13).

L'oubli génère l'impatience. On oublie que Dieu tient ses promesses. Nous oublions le témoignage que, dans notre propre vie, Dieu est si souvent intervenu! Oublier revient à perdre un maillon essentiel qui compose la chaîne de notre vie chrétienne: la fidélité de Dieu à notre égard.

Si bien qu'on n'attend plus. On ne veille plus, parce qu'on n'attend plus l'action de Dieu. En fait, on n'écoute plus Dieu.

Ils oublièrent Dieu... ils ne crurent pas à la parole de l'Eternel. Ils murmurèrent dans leurs tentes... (Ps 106. 21, 24, 25).
L'oubli est la tombe de la foi, parce que l'oubli rend inopérante la parole de Dieu. Lorsqu'on oublie, la langue qui servait à louer Dieu devient alors un instrument de contestation. Nous parlons bien encore, mais pour murmurer, dans nos tentes; un murmure qui s'étend au sein de notre famille, qui se développe dans le secret, et finit par ternir tous les domaines de la vie (Ps 106.39).

Des symptômes qui ne trompent pas

Les exemples qui pourraient illustrer ces murmures sont nombreux et valent la peine d'être médités. Le passage de Nombres 21.4-5 est l'un de ces épisodes où l'on s'aperçoit que le peuple cède à cet engrenage décrit plus haut: j'oublie Dieu – je perds pied quant à la foi – je tombe dans le murmure et la contestation.

Le texte met clairement en évidence quelques symptômes d'alerte qui devraient nous montrer que nous sommes sur la mauvaise pente, et nous inciter à nous arrêter.
Tout d'abord, il y a l'impatience du peuple (v.4), qui est un terme fort signifiant le découragement. A ce propos, permettez-nous une illustration intitulée:

Le meilleur outil du diable: le découragement

Il avait été annoncé que le diable allait cesser ses affaires et offrait ses outils à quiconque voudrait payer le prix. Le jour de la vente, ils étaient exposés d'une attrayante manière: malice, haine, envie, jalousie, sensualité, fourberie, tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix.
Séparé du reste, se trouvait un outil en apparence inoffensif, et même usé, dont le prix était supérieur à tous les autres. Quelqu'un demanda au diable ce que c'était.
– C'est le découragement, répondit-il.
– Et pourquoi donc le vendez-vous si cher?
– Parce que, répondit le diable, il m'est plus utile que n'importe quel autre. Avec ça, je suis capable d'entrer dans n'importe quel homme, et, une fois à l'intérieur, je puis le manoeuvrer de la manière qui me convient le mieux. Cet outil est usagé parce que je l'emploie avec presque tout le monde; et de plus, très peu de gens savent qu'il m'appartient.
Il est inutile d'ajouter que le prix fixé par le diable était si élevé que l'instrument n'a jamais été vendu... et donc, que c'est toujours le diable qui en est le possesseur et qui continue à l'utiliser...

La nostalgie du passé

Revenons au texte de Nombres 21.5 pour souligner en second lieu que les Israélites parlent contre Dieu, contre celui qui les nourrit, les abreuve, les protège au quotidien, les dirige, les instruit sur sa personne, permet aux vêtements de ne point s'user (Deut 8.4), etc.

Quand nous lisons dans la Parole que Dieu lui-même prend soin de nous (1 Pi 5.7), nous pouvons constater la tenue de cette promesse en considérant la diversité et la constance des soins de Dieu envers son peuple dans le désert.

Un autre symptôme de l'oubli de Dieu et de ses bénédictions, c'est la mémoire de notre passé duquel nous avons évacué Dieu: le regret de l'Egypte est symptomatique ! L'homme ne retient que ce qu'il veut bien. Il a la faculté d'oublier les choses qui le gênent, les choses négatives, celles qui l'ont blessé, tout ce qui ne lui fait pas plaisir. Avec le temps, les choses s'embellissent: l'Egypte devient peu à peu le bon vieux temps ! Et du même coup, nous découvrons un autre symptôme qui n'est que la suite logique du point précédent: tout ce que l'on vit aujourd'hui, les bénédictions du jour, la vigilance de Dieu, tout est balayé. Le désert, refuge où les Israélites côtoient Dieu chaque jour, devient un méchant lieu (Nom 20.5). La manne quotidienne devient une misérable nourriture (Nom 21.5).
Nous pouvons en conclure que l'oubli de Dieu est un véritable champ de mines spirituel: à l'évacuation de Dieu, succède inévitablement l'irruption de l'ego.

La lassitude s'installe

Nous osons affirmer que le peuple est atteint de ce que nous appelons le «syndrome de l'autoroute»: ça roule; il sait où il va, grâce à Dieu; ça avance bien et pourtant, nous avons le sentiment d'une grande monotonie.
Et pourtant, la Parole de Dieu affirme que
si les choses spirituelles sont en nous, et y sont en abondance, elles ne nous laisseront ni stériles, ni oisifs (2 Pi 1.8 ). La vie avec Dieu ne nous laissera jamais désoeuvrés: être reconnaissant en toutes choses est une tâche pour le chrétien, tout comme être un intercesseur; être témoin est une rude tâche; être fidèle, n'est-ce pas une oeuvre qui nécessite vigilance et connaissance?

Et dire que la vie chrétienne peut être atteinte aussi de ce «syndrome de l'autoroute»: le chemin est tracé en Christ; Il nous attend au bout de la route; ça roule... et pourtant, qu'est-ce qu'on s'y ennuie!

Quel antidote?

La lecture de Deutéronome 8 fait ressortir la pensée de Dieu pour justement contrarier l'oubli qui souvent nous gagne, l'oubli et son cortège de nuisances !
Souviens-toi de tout le chemin que Dieu t'a fait faire..., Reconnais en ton coeur que l'Eternel..., Garde-toi d'oublier l'Eternel..., Prends garde que ton coeur ne s'enfle et que tu n'oublies l'Eternel... (Deut 8.2,5,11,14).

Se souvenir est en effet un moyen de voir Dieu, de compter ses bienfaits, de se rappeler ce qu'Il a fait; pensons à la Cène, qui est un mémorial (1 Cor 11.23). Se souvenir alimente notre reconnaissance.

Mais aussi, se souvenir permet de mieux nous voir pour mieux réaliser que nous avons besoin quotidiennement de Dieu. Sans mémoire, il ne peut y avoir de confession de ce que nous sommes et de nos fautes (1 Jean 1.9).

Se souvenir, au contraire, apporte une responsabilité: celle de renouveler notre relation avec Dieu, puisqu'il nous pardonne et nous permet de repartir.

Ainsi, se souvenir nous épargnera, dans notre vie chrétienne, du «syndrome de l'autoroute», puisque seront présentes en nous les deux jambes de notre marche avec Dieu: la confession et la reconnaissance.

Bernard Cousyn


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