5 juin 2026

Les Nuits et l’Étoile du Matin… | juin 2026

Lever du jour aux teintes rouge, orange et bleu sur une terre aride encore plongée dans l’obscurité de la nuit.

Comment traverser les nuits intérieures lorsque l’inquiétude, le doute ou la peur prennent toute la place ? Cette méditation nous rappelle que la lumière du Christ n’a jamais cessé de briller.

Pensée du mois de juin

Comme une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu’à ce que le jour commence à poindre et que l’étoile du matin se lève dans votre cœur.
- 2 Pierre 1:19
L’heure la plus sombre est celle qui vient juste avant le lever du soleil.
- Paolo Coehlo.

Notre rapport à la nuit — qui, bien évidemment, varie d’une personne à l’autre — est tout de même souvent paradoxal. 
La nuit inquiète, elle nous prive de l’un de nos sens, la vue, et nous en sommes déséquilibrés dans la perception du monde qui nous entoure. Un simple bruit, grincement, craquement, qui de jour n’aurait même pas attiré notre attention, deviennent suspects. Des peurs irrationnelles, ancestrales, remontent à la surface. Le petit sentier au milieu de la forêt qui nous enchante et dont nous connaissons la moindre racine, le moindre affleurement de roche devient un lieu inquiétant, quand le soleil s’est couché.

La nuit rassure aussi, elle nous enveloppe, nous protège du regard des autres, nous libère des obligations de paraître. Elle épice agréablement l’isolement choisi, mais accroît l’amertume et la tristesse de la solitude subie.

Elle peut être l’écrin des combats les plus nobles, comme celui qui s’est déroulé dans le Jardin des Oliviers, mais aussi la complice des instincts les plus sordides…

Et puis, il y a la nuit de l’âme, elle n’obéit pas à la régularité des rotations de la Terre, elle peut être cyclique, mais ne suit pas les rythmes prévisibles des saisons. 
Elle vient parfois comme les nuits d’été, pleine de douceur, toute en transition, en nuance, sa victoire finale n’en est que plus bouleversante, elle ajoute à la perte du jour un sentiment de trahison.
Il lui arrive aussi de s’abattre comme une fin de journée équatoriale, un rideau de plomb qui tombe et prend au dépourvu notre regard encore gorgé de lumière.

La nuit, qu’il s’agisse de celle du monde physique ou de celle de l’intérieur, s’attaque aussi aux horloges. Notre perception du temps est totalement déréglée, les minutes deviennent des heures, les heures peuvent se changer en éternité. Elle modifie les dimensions ; les questions sans réponses, les regrets, les inquiétudes, la souffrance, sous toutes ses formes, prennent des proportions démesurées.

La nuit, le courage fond, comme la cire des chandelles. À Gethsémané, elle a terrifié celui-là même qui, à la lumière du matin, affrontera les calomnies, la douleur, l’injustice, la mort, avec une sérénité bouleversante. Il va aussi faire un constat sans appel : peu importe le nombre ou la fidélité de nos amis, la nuit, nous sommes seuls. Personne pour recueillir nos larmes, pas de présence pour partager l’indicible, le reste du monde dort, il se repose, reprend des forces, s’évade dans l’oubli…

Toutes les nuits ont encore un point commun, elles ne sont pas éternelles… le matin finit toujours par arriver. Souvent, les premières couleurs de l’aurore nous prennent au dépourvu. Il semblerait que les nuits aient leur intelligence propre, et connaissent, à la seconde près, le moment où le désespoir va gagner, l’instant où même l’instinct de survie ne nous souffle plus que nous allons nous en sortir. Nous avons, d’une façon ou d’une autre, accepté le verdict : la nuit sera notre compagne jusqu’à la fin de nos jours… 
Et c’est là que l’Étoile du Matin transperce les ténèbres. Un minuscule point de lumière dans l’opaque rideau de la nuit. Un diamant dans son écrin, une infime goutte de rosée éblouissante, chargée de toute l’espérance du monde. 
La nuit n’est plus, et, dans l’éclairage cru du jour, nous voyons avec stupéfaction et reconnaissance ce que l’obscurité nous cachait : Christ est là ! Il n’est jamais parti, ne nous a pas abandonnés, Il est resté avec nous — comme il nous l’a promis — sans dormir, sans distraction, parce qu’Il sait, par expérience, la solitude de la nuit, mais aussi les leçons qu’elle seule peut nous enseigner.

Il nous est à présent presque difficile de comprendre pourquoi nous étions terrifiés. 
Rassurés, revigoré-e-s par la lumière et la conscience de sa présence, nous reprenons la marche. 
Soulagés, conscients — ou pas — qu’une prochaine nuit viendra, mais qu’elle aussi prendra fin, dans une alternance inexorable, jusqu’à notre dernière nuit ; celle d’où nous déboucherons, vaincus et triomphant-e-s dans la lumière éternelle…

Si j’osais, en ce mois où les nuits sont les plus courtes, je vous souhaiterais : « Bonne nuit, mes amis… »

Nocturnement votre,
Philip

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© Tous droits réservés : Philip Ribe

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