Notre Dieu est un poète. Attendez une seconde avant de jeter ces lignes ─ce qui serait de toute façon une erreur puisqu’il y a aussi le programme ─ je ne parle pas de Dieu comme d’un homme aux longs cheveux flottant dans le vent, une écharpe autour du coup, déclamant des phrases en rimes dégoulinantes de guimauve. Non, pas du tout ! Je veux simplement parler du fait que Dieu aime se cacher en laissant seulement apparaitre de-ci de-là, de fragiles indices de sa présence, des évocations, des images qui, par petites touches, nous permettent de découvrir qui il est.
Il aurait pu se révéler à sa création dans la plénitude de sa personne, dans l’éclat écrasant de sa grandeur, mais nous n’aurions pas eu la capacité de supporter une telle vision.
Il a donc choisi une autre voie, et force est de constater qu’il a un goût prononcé pour les jeux de cache-cache, les rendez-vous manqués de peu, les évocations énigmatiques. Une empreinte de pas, deux ou trois fils de son vêtement, un peu de son parfum qui flotte dans l’air, quelques mots griffonnés sur un billet...
Il nous donne suffisamment pour évoquer sa présence, se réjouir de sa proximité, être réconforté par son passage récent et être ancré dans l’espérance par la certitude de sa venue... sans pour autant se montrer au grand jour.
Comme un écrivain qui, par les images qu’il évoque, éveille en nous le désir, le rêve, nous ouvre une porte vers un pays que nous ne supposions même pas, un chemin vers le merveilleux, les indices de sa présence divine nourrissent notre âme en nous incitant, par le mystère qu’ils constituent, à le rechercher toujours plus.
-Cherchez et vous trouverez ! nous a-t-il dit lors de son passage sur terre, avant de disparaitre pour cet endroit inconnu que nous appelons « le ciel ».
Poétiquement votre,
Philip
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1 Extrait de « Je suis un homme de l’intérieur » Francis Cabrel
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