Le monde entier git dans la main du mal1… cette constatation sombre et accablante n’a pas été faite par un contemporain, pas même par un survivant des « grandes guerres », ni par un rescapé de la guerre de Cent Ans au 15e siècle, mais il y a environ deux millénaires par l’un des premiers disciples du Christ. Il n’entendait pas par cela qu’il n’y avait rien de beau ou de bon dans notre monde, mais que la tendance générale des humains était tournée vers le mal.
Deux mille ans plus tard, le constat reste le même, ce n’est pas réellement une surprise, puisque les mêmes causes produisent toujours à peu près les mêmes effets. La soif de posséder, de contrôler, de soumettre, d’exploiter les autres est toujours présente dans le cœur et les pensées de nombreux humains.
Et pourtant, comme les univers parallèles des récits fantastiques, une autre réalité cohabite avec le mal, la violence, l’horreur des conflits. Il y a encore de la beauté dans ce monde ; elle n’est pas une fuite facile pour quelques illuminés, artistes ou rêveur. Elle n’est pas non plus un divertissement pour oublier les ténèbres et la souffrance, car elle se cache souvent au sein même des ténèbres les plus sombres.
Il peut s’agir de la beauté que nous offre la nature, un rayon de soleil sur quelques gouttes de rosée, un rouge-queue qui nourrit ses petits, le bleu bouleversant du ciel ou de l’eau un soir d’été
Il y a aussi celle qui est présente dans des actes d’humanité, une secouriste anonyme qui brave les bombes pour tenter de sauver encore une vie, un enfant courageux qui, dans une cour d’école, prend le parti d’un autre, maltraité par la meute cruelle, ou bien un humain survivant d’une agression qui refuse de basculer dans la haine et la vengeance pour ne pas devenir ce qu’il combat…
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