Parce que nous apprécions toujours ce qui est rare, décembre est le mois où nous aimons la lumière. Que ce soit pour repousser, agrémenter les ténèbres, ou pour raisons commerciales, les guirlandes colorées, les lumignons, les lanternes, les décorations lumineuses en tous genres envahissent nos rues et nos maisons. Ça brille, ça scintille, ça clignote parfois avec subtilité, parfois avec la délicatesse et la poésie d’un gyrophare de pompier…
Ce foisonnement d’éclats lumineux m’a conduit dans une réflexion qui, peut-être, au premier abord, vous semblera un peu étrange.
J’ai longtemps pensé que pour changer ce monde, pour avoir un impact sur notre société, il fallait briller. Briller et se tenir dans la lumière, briller et être brillant, par nos qualités, notre presque perfection, notre témoignage irréprochable; briller sous le regard des projecteurs pour faire partie de ceux qu’on écoute, de ceux qu’on voit, de ceux qui éclairent les autres.
Pourtant, le travail du temps, avec la patience de l’eau qui polit les cailloux, m’a emmené à voir les choses différemment: ce n’est pas à moi de briller ou d’éclairer. Ce qui peut apporter du changement, de l’espoir, de la confiance, ce n’est pas tant d’être éclatant que d’être transparent.
Dans les textes du Nouveau Testament, on trouve à plusieurs reprises un mot traduit par «pureté» ou «sincérité». Étymologiquement, ce terme signifie « juger par le soleil ». À cette époque, ceux qui faisaient le commerce de cristaux évaluaient leur pureté en les plaçant dans la lumière du soleil. Un bon cristal était celui qui laissait cette lumière le traverser sans la dénaturer. C’est dans ce sens-là que la transparence devient une vertu.
– Transparence face à la vérité. Elle est vivante, infinie, et ne peut être réduite à quelques formules, aussi belles soient-elles; elle ne m’appartiendra jamais, mais je dois essayer de lui appartenir afin qu’elle transparaisse dans mes actes, mes réactions et mes paroles.
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