Alors qu’il se trouvait sur une montagne avec ses amis, en présence d’une foule qui s’était déplacée pour le voir, le Christ a prononcé des paroles qui résonnent encore aujourd’hui.
Les personnes qui l’entouraient avaient toutes grandi au sein d’une culture très ancienne, une culture où l’on mettait un point d’honneur à transmettre le plus fidèlement possible aux enfants l’héritage historique et spirituel de leurs ancêtres. Le pays était occupé par l’envahisseur romain, cependant ce petit peuple résistait, à sa façon, au rouleau compresseur de l’empire. Il s’accrochait fermement à ses traditions, à ses valeurs. Ces hommes et ces femmes, persuadés d’avoir été choisis par Dieu pour être les détenteurs de la vérité révélée, préservaient, avec obstination, le moindre mot, la moindre lettre de leurs textes sacrés.
Jésus, né et élevé au milieu d’eux, familier de ces traditions, les défie en leur assénant, cinq fois d’affilée, une phrase tranchante comme un couteau à désosser: « vous avez appris qu’il a été dit… mais moi je vous dis…
Nous pouvons facilement imaginer la réaction des auditeurs, depuis les grimaces d’étonnement jusqu’aux désapprobations violentes en passant par les mines effarées et les grincements de dents.
Ce tableau peut nous faire sourire, nous, qui aujourd’hui avons la connaissance, nous qui détenons la vérité, qu’elle soit scientifique, holistique ou révélée, nous connaissons, nous savons…
Eh oui, rien n’a changé, depuis que nous foulons le sol de notre pauvre planète — qui a par ailleurs bien du mal à nous supporter — c’est toujours la même histoire: nous savons !Oh, bien sûr, nous sommes éduqués, policés, éclairés, nous le disons avec humilité, assaisonné de formules qui laissent entendre que nous sommes bien conscients de ne pas tout savoir, mais cela ne change pas la réalité; il est plus facile de convaincre un lion de brouter de l’herbe que de faire admettre à un être humain qu’il pourrait, devrait, se remettre en question.
Si vous avez persévéré dans votre lecture, je vous entends à présent, vous aussi, grincer des dents, en vous demandant: «Mais pour qui se prend-il pour parler de la sorte ?»
C’est pourtant parce que je fais, pour moi-même, le triste constat de ma difficulté à me remettre en question que je me permets d’écrire ces lignes. Mais aussi parce que la raison pour laquelle l’enseignement du Christ est appelé «Bonne nouvelle» tient dans le fait qu’il ne brise pas les nuques raides, il ne coupe pas les têtes orgueilleuses, il désire plutôt nous imprégner de son amour pour nous assouplir, nous rassurer, nous restaurer afin que, détendus dans son étreinte aimante, nous puissions enfin, sans crainte, envisager de remettre en question tout ce que nous croyons savoir pour l’échanger contre ce qu’il dit réellement.
Que nos journées soient rythmées par cette phrase — finalement bienveillante — vous avez appris qu’il a été dit… mais moi je vous dis…
Je nous souhaite donc un mois de septembre bouleversé - c’est un synonyme de remise en question - par son amour et par sa vérité, elle seule peut nous conduire dans une authentique liberté.
Philip
PS: Vous avez, bien évidemment, le droit de remettre en question votre envie de me lire ou de m’écouter :-)
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