Histoire vraie
Les semaines ont passé. Maintenant Jeannot est infirmier dans un poste militaire situé sur un piton rocheux. C’est une région montagneuse, sauvage et rocailleuse.
— Vite, Jeannot ! viens vite ! il y a un blessé !
L’infirmier est hélas habitué à ce genre d’appel. Rapidement il s’équipe, prend la trousse de premiers secours et, dans le dos, le poste émetteur-récepteur. Il est prêt. Alors hop ! Il dégringole une pente escarpée... Essoufflé, il arrive bientôt près du blessé. C’est grave. Le sang coule par saccades. Une balle a sectionné l’artère de la cuisse. Ce n’est pas le moment d’hésiter. Chaque minute qui passe peut être fatale. Vite, l’infirmier serre un garrot autour de la cuisse. Bientôt l’hémorragie est stoppée. Mais rien n’est réparé, pour autant. Il faudrait extraire la balle et fermer la blessure. Le temps presse car le garrot ne doit pas rester serré trop longtemps. L’opération est urgente. Vite Jeannot lance un appel-radio:
— Allô, allô ! Base 5 appelle centrale sanitaire, répondez... attention message... blessé grave à évacuer immédiatement pour opération...
répétez... juste ! j’attends... terminé !
Quelques minutes plus tard, un hélicoptère décrit des cercles au-dessus du secteur d’où l’appel est parti. Jeannot agite un grand fanion pour signaler sa position. L’hélicoptère vire encore, puis s’abaisse et se pose. Bientôt le blessé sera soigné à l’hôpital militaire de la région.
Un matin, le capitaine convoque notre ami:
— Les indigènes des villages voisins ont besoin de nous. Certains sont dans la misère. Tu es l’homme qu’il me faut pour leur apporter du secours. Approche-toi de ces gens, soigne les malades, montre-leur que nous désirons leur bien !
— A vos ordres, mon capitaine ! Mais... il y a le problème de la langue ! Comment faire pour qu’ils me comprennent ?
— J’y ai pensé. Un interprète t’accompagnera !
Quelle mission ! Jeannot va s’y donner à fond, malgré la chaleur et la fatigue.
Un soir il écrit à ses parents: «Nous sommes allés dans un village frappé par une épidémie de typhus. Avant de pouvoir donner des soins, je me suis mis à laver les enfants. Je suis content de pouvoir être utile aux indigènes. Ces temps j’ai eu la curiosité de compter mes heures de sommeil vingt-quatre en sept jours ! Heureusement que ça n’a pas duré ! Dernièrement il y a eu de nouveau plusieurs alarmes et quelques combats sérieux. J’ai du travail avec les blessés ! Nous sommes constamment en état d’alerte. Mais Dieu veille sur moi.»