Pensée du mois  •  mai 2015

Présence, absence et poésie...

Certes, tu es un Dieu qui te caches, Dieu d’Israël, sauveur ! Esaïe ESAIE 45.15

Après le tremblement de terre, un feu : L’Éternel n’était pas non plus dans le feu. Enfin, après le feu, un son doux et subtil. 1 ROI 19.12

Il est là, derrière notre mur, guettant par les fenêtres et lançant des regards à travers les treillis... CANTIQUE 2.9

Notre Dieu est un poète. Attendez une seconde avant de jeter ces lignes ─ce qui serait de toute façon une erreur puisqu’il y a aussi le programme ─ je ne parle pas de Dieu comme d’un homme aux longs cheveux flottant dans le vent, une écharpe autour du coup, déclamant des phrases en rimes dégoulinantes de guimauve. Non, pas du tout ! Je veux simplement parler du fait que Dieu aime se cacher en laissant seulement apparaitre de-ci de-là, de fragiles indices de sa présence, des évocations, des images qui, par petites touches, nous permettent de découvrir qui il est.

Il aurait pu se révéler à sa création dans la plénitude de sa personne, dans l’éclat écrasant de sa grandeur, mais nous n’aurions pas eu la capacité de supporter une telle vision.

Il a donc choisi une autre voie, et force est de constater qu’il a un goût prononcé pour les jeux de cache-cache, les rendez-vous manqués de peu, les évocations énigmatiques. Une empreinte de pas, deux ou trois fils de son vêtement, un peu de son parfum qui flotte dans l’air, quelques mots griffonnés sur un billet...
Il nous donne suffisamment pour évoquer sa présence, se réjouir de sa proximité, être réconforté par son passage récent et être ancré dans l’espérance par la certitude de sa venue... sans pour autant se montrer au grand jour.

Comme un écrivain qui, par les images qu’il évoque, éveille en nous le désir, le rêve, nous ouvre une porte vers un pays que nous ne supposions même pas, un chemin vers le merveilleux, les indices de sa présence divine nourrissent notre âme en nous incitant, par le mystère qu’ils constituent, à le rechercher toujours plus.

-Cherchez et vous trouverez ! nous a-t-il dit lors de son passage sur terre, avant de disparaitre pour cet endroit inconnu que nous appelons « le ciel ».
Depuis, par la guidance de son Esprit et la puissance de ses mots, il ne cesse de baliser nos sentiers de petits cailloux blancs en nous offrant de temps à autre des moments tellement forts qu’il n’y a que le silence pour les dire... 1

Et nous sommes, après chacune de ces rencontres, un peu plus nostalgiques de notre futur.
Ne perdons pas courage lorsque la distance et le temps entre deux indices nous semblent interminables, lorsque nous avons l’impression qu’Il est presque « sorti de nos vies » marchons à la lueur de la foi jusqu’au prochain rendez-vous. Il va encore nous surprendre et je suis sûr que nous allons aimer ça...

Poétiquement votre,

Philip

1Extrait de « Je suis un homme de l’intérieur » Francis Cabrel

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Philip Ribe: www.philip-ribe.com