Accueil Web des enfants Livres ados - Terres glacées Terres glacées 10 - Meurtrier!
PDF Imprimer Envoyer

Terres glacées

Avec James Evans chez les Indiens de la Baie d'Hudson

Chapitre 10: Chez les vengeurs de sang

Meurtrier!

L'été 1844 verra se réaliser mon projet le plus beau: nous partons pour les rives du Mackenzie! Mon rêve s'accomplit en réponse au désir d'un enfant de ce pays lointain, Hassel, un de mes meilleurs aides à l'imprimerie. Nous remonterons les fleuves jusqu'à la «terre haute», gagnerons le Mackenzie par l'un de ses affluents et redescendrons, en direction de l'Océan boréal, ce fleuve énorme, rival du Mississipi tant par sa longueur que par le volume de ses eaux.

Ce voyage immense comptera plus de 4000 km. en chaque sens. Nous le ferons avec mon nouveau canot, «L'île de lumière». J'ai construit moi-même cette embarcation avec des plaques de fer-blanc, plus résistantes que les écorces. Ce canot fend l'eau admirablement; s'il subit quelque morsure des rochers cachés sous l'eau, nous abordons en hâte; avec quelques plaques de métal, de la soudure et un fer à souder, nous réparons aisément la blessure.

Lorsque les Indiens virent pour la première fois voguer mon canot sous les rayons du soleil qu'il reflétait comme un miroir, ils l'appelèrent «L'île de lumière». Que je suis impatient de porter, avec «L'île de lumière», la «Grande Lumière» de l'Evangile sur les rives du Mackenzie!

Hassel, mon compagnon, appartient à la tribu extrêmement sauvage des Vengeurs du sang; il s'est converti au hasard d'un voyage. Sa famille l'a alors renié et chassé. Indien remarquablement intelligent, il a la mémoire des lieux d'une précision étonnante et le don d'apprendre les langues étrangères. Il parle couramment l'anglais, le français, le crie, le saulteau, et connaît assez bien plusieurs autres langues. Homme pieux, chrétien sincère, il désire vivement faire connaître l'Evangile à ses compatriotes, espérant fléchir leur paganisme farouche. Ni sa famille ni sa tribu n'ont reçu de visite d'un missionnaire. Aussi notre départ pour le Mackenzie le remplit-il d'enthousiasme.

Nous avons choisi comme batelier Oig, voyageur aussi aimable qu'expérimenté, fort habile à conduire le canot et très résistant à la fatigue. Les Indiens nous fournissent tout ce dont nous avons besoin pour ce long voyage, provisions et munitions de chasse; ils sont intéressés par notre entreprise, mais inquiets aussi, tant sont redouté les farouches Vengeurs du sang. Les dangers de l'expédition rendent nos adieux particulièrement pénibles. Nous partons au début de juin.

* * * *

Ce voyage fut interrompu d'une horrible manière. Le missionnaire Evans ne put jamais décrire lui-même le terrible accident. Voici comment Oig raconta, bien des années plus tard, cette histoire tragique.



 

Flux RSS

hebr11.1w