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Terres glacées

Avec James Evans chez les Indiens de la Baie d'Hudson

par Robert Vittoz
Editions de la Concorde - Lausanne 1943

Présentation du livre

A Noël 1944, - j'avais 10 ans - j'ai reçu ce livre du groupe de jeunesse de l'Action Biblique. Il m'avait fort impressionné, et je l'ai relu plusieurs fois.

Désirant présenter aux 10-15 ans des récits passionnants, j'ai choisi ce livre qui aura le mérite, pour les surfeurs européens, de décrire un épisode de l'évangélisation des Indiens au Canada, entre 1828 et 1846.

James Evans avait tenu un journal de ses voyages. Malheureusement il a été brûlé. Robert Vittoz l'a reconstitué le mieux possible à partir des ouvrages suivants:

  • L'apôtre du Nord, biographie écrite par le missionnaire Young
  • Sur les pistes glacées, récit des voyages de Young
  • Diverses publications de la Mission Morave
  • Du Groenland au Pacifique, de Rasmussen

Depuis 1943, Terres glacées a été réimprimé plusieurs fois. Je suis persuadé que ceux qui liront ici le début de ce livre, voudront le posséder dans leur bibliothèque. Parents! Quel beau cadeau à faire à vos enfants!
S.L.

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CHAPITRE PREMIER: L'INDIEN A FUI

La Clairière

Le cours de ma vie fut décidé par une aventure de ma jeunesse. Nous habitions Québec, au Canada. C'était en 1811, j'avais dix ans.

Notre père nous dit un soir: «Enfants, faites attention; une tribu d'Indiens campe dans le bois, Ce sont des voleurs d'enfants. Ne vous écartez ni de la maison, ni de la route de l'école».

Le lendemain, à l'école, nous ne causions que Peaux-Rouges. Notre curiosité était surexcitée, chacun désirait voir les Indiens, leur parler, les toucher. Dans les rues de Québec, nous croisions constamment des Indiens; mais ceux-là vivaient au milieu des Blancs, ils n'étaient plus intéressants. Une tribu de Peaux-Rouges campant dans la forêt, que ce devait être magnifique!

A la maison, nous racontions ce que disaient les camarades; mon enthousiasme d'enfant effrayait mes parents. «Prends garde, ne t'éloigne pas, ils sont très méchants. Les Indiens sauvages sont terribles à voir... Ils ont déjà volé des enfants!»