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Jeannot chez les bagnards - 4Jeannot: précieux cadeauLes mois passent. Un jour, un mignon petit bébé fait son apparition. Au bout d'un mois, le bébé est déjà robuste. A plat ventre, il relève la tête et promène partout ses yeux ronds. Qu'il est privilégié, cet enfant, d'avoir un père et une mère qui l'éduqueront en comptant sur Dieu! Ce matin, Jeannot pleure dans son berceau. La petite voix déjà bien timbrée réclame à cris perçants le premier repas de la journée. Au-dessus de la casserole, Lydie secoue une boîte de lait en poudre pour faire tomber la fine poussière blanche retenue dans les plis du papier.
– C'est ton dernier biberon, mon pauvre petit Jeannot! dit-elle à son bébé comme s'il pouvait partager ce souci; après... je n'ai plus rien à te donner. Pourquoi cette maman ne court-elle pas à la laiterie pour acheter de quoi préparer un biberon? La laiterie? mais il n'y en a pas ici puisqu'il n'y a pas de vaches! Et les bufflonnes domestiquées, n'en trouve-t-on pas dans cette région? Oui, mais elles sont si maigres qu'elles ne donnent pas de lait. Aussi n'y a-t-il qu'une ressource: un seul bateau accoste une fois par mois. Parmi les marchandises qu'il apporte, il y a régulièrement une caisse de boîtes de lait, commandée par les missionnaires exprès pour leur enfant. Hier soir on est arrivé au fond de la dernière boîte. Ce n'était pas bien grave puisque le bateau aborde aujourd'hui. Oui... seulement Jean s'en revient du port les mains vides: il n'y avait pas de caisse de lait dans la cale du navire! Que faire? Comme un petit glouton, Jeannot avale son biberon sans se douter que c'est le dernier; il fixe des yeux noirs tout ronds sur sa maman si préoccupée. Alors les parents se mettent à genoux: "Seigneur Jésus, toi qui as dit dans la Bible: Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu, envoie-nous du lait pour notre bébé!" Confiants, les missionnaires peuvent reprendre leur travail après avoir contemplé leur petit trésor qui s'est endormi paisiblement. – Tiens! dit soudain Jean, on entend des pas... Des semaines à l'avance, à plusieurs milliers de kilomètres, le Seigneur avait donc employé l'une de ses servantes pour sauver la vie du bébé. Il n'y eut pas une boîte de trop, et il n'en manqua pas une jusqu'à l'arrivée du prochain bateau. Page modifiée le 11 août 2008 par pl
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