|
|
|
5 - La maladie d'Aracy- Tu viens avec moi, Aracy? demande Joanna. Je vais voir si je trouve des mangues… Assise dans le hamac, la petite sœur hésite, puis répond sans entrain: La petite a presque quatre ans, à présent. Mais quand on observe attentivement son joli visage, on le trouve un peu émacié. Où sont les belles joues rondes qu'elle avait avant? Et regardez ses bras, ses jambes aussi… pas de doute, Aracy a maigri. Ce n'est d'ailleurs pas très étonnant. Après le départ de sa mère emmenée dans un hôpital à trois cents kilomètres de là, le vide a été durement ressenti par la petite. Elle en a perdu l'appétit. Et depuis, elle s'est habituée à manger trop peu. Ah! Si c'était de la viande, elle retrouverait vite et l'envie de manger, et les forces. Hélas! la viande est bien trop rare!
Il arrive bientôt, vêtu comme tous les Caiuas. Pas de signes mystérieux sur sa peau. Mais il porte un bâton dont il frappe nerveusement le sol. Son autre main tient un balai de plumes. Il l'agite de temps en temps. Dans une marmite d'eau chaude, il jette quelques herbes tirées d'un petit sac de toile. Il y ajoute une pincée de poudre jaunâtre. Quand le breuvage est un peu refroidi, on en remplit une calebasse. On la tend à l'enfant. Soumise, la petite prend le récipient dans ses mains, et l'approche de ses lèvres brûlantes… Mais sa tête recule brusquement! Résignée, Aracy s'efforce d'avaler une deuxième gorgée. Quel effort il faut faire pour ingurgiter cet affreux liquide! mais pas moyen d'éviter le supplice qu'impose le sorcier. Pauvre petite Aracy, déjà si affaiblie. On la tourmente encore. Avant de quitter la maloca, le sorcier donne ses consignes. Il prononce même des menaces pour s'assurer qu'on suive ses conseils. Guérir! Aracy ne demande pas mieux. Aussi va-t-elle se donner de la peine. Hélas! A la potion magique s'ajoute une bouillie spéciale presque aussi exécrable. Une semaine s'écoule. Aracy tousse toujours. Pas d'amélioration. On a plutôt l'impression que son état empire. La petite est épuisée. Tristement elle regarde sa sœur. Dans ses yeux vitreux, Joanna lit une question, et c'est toujours la même: Joanna redouble de tendresse. Elle reste de longues heures accroupie près de la nate où sa petite sœur est étendue, inerte. Mais non, elle ne peut pas. Où la petite puisera-t-elle l'énergie pour cela, elle qui n'a plus de ressources dans son corps amaigri? Que va-t-il arriver? Nous le saurons bientôt… Page modifiée le 11 août 2008 par pl
|
