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Terres glacées

Avec James Evans chez les Indiens de la Baie d'Hudson

CHAPITRE 9: Combat de la foi

Grave conflit

Je redoute d'entrer en lutte avec la Compagnie de l'Hudson. Ses administrateurs m'ont admirablement reçu à Norway House; pendant plusieurs années nous avons vécu dans la plus franche cordialité, mais un désaccord surgit. Comme nous ne voulons céder ni la Compagnie ni moi, l'affaire peut devenir grave. Il s'agit de savoir si les équipages de rameurs Indiens devenus chrétiens ont le droit de respecter le dimanche.

La principale ressource du Canada est le commerce des fourrures. Le trafic entre Blancs et Indiens se fait par échanges, dont les marchands européens savent garder les avantages. Dès le début du XVIIe siècle, une Société se constitua pour organiser ce négoce et en profiter: la Compagnie de la Baie d'Hudson.

Elle installa ses premiers comptoirs, nommés factoreries, sur les côtes de la Baie d'Hudson, puis sur les Grands Lacs. Ses affaires étant très fructueuses, elle pénétra graduellement vers le centre du pays où de nombreux chasseurs indiens poursuivent les fourrures les plus précieuses. La Compagnie contrôle ainsi tout le commerce de l'intérieur du Canada; elle en organise les voies de transport et les communications. Elle a une influence sans rivale, un empire tout-puissant qui étend ses ramifications sur des milliers de kilomètres.

Les principaux centres de cette puissance sont la factorerie d'York, sur la Baie d'Hudson, et Norway House, à l'extrémité septentrionale du Lac Winnipeg. C'est là que les marchandises amenées d'Angleterre sont troquées contre les fourrures. D'autres postes sont disséminés à l'intérieur du continent. Les communications avec ces postes, éloignés de 3 et 4000 kilomètres, ne sont possibles qu'une fois l'an par la voie fluviale.

A mesure que la Compagnie porte plus loin vers l'ouest et le nord ses postes avancés, le problème des transports s'aggrave. Les distances sont si grandes et il y a tant de difficultés à vaincre, qu'un seul convoi ne peut pas voyager assez rapidement de l'intérieur du pays à la mer pour franchir ces immenses espaces en un court été. Autrefois les fourrures étaient en route deux ou trois ans, au grand détriment de leur conservation; certains envois ont mis sept ans pour parvenir à Londres.

Pour parer à ces retards, la Compagnie recrute parmi les Indiens des équipes de hardis bateliers, sur la rapidité desquels elle peut compter. Elle exige d'eux, pendant les semaines de l'été, un effort énorme et sans répit; car il s'agit d'amener avant l'automne aux ports de mer, les fourrures amassées pendant l'hiver précédent, et d'atteindre à temps les vaisseaux en partance, toujours pressés à cause des grands dangers de la navigation à l'entrée de la Baie d'Hudson.



 

Jean11.25-26

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