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La vraie spiritualité

Francis A. Schaeffer
Editions La Maison de la Bible

10. La guérison intérieure

Au chapitre précédent nous avons considéré le monde de nos pensées. Poursuivons maintenant notre étude de la vie chrétienne en élargissant notre discussion aux problèmes psychologiques. Il s'agit de la séparation de l'homme d'avec lui-même et de son rapport à lui-même dans le monde de la pensée. Dieu en tant que personne pense, agit et éprouve des sentiments. De même, je suis une personne qui pense, agit et éprouve des sentiments. Ma personne est un tout, une unité. Je peux employer différents termes pour désigner les divers aspects de ma personne: le corps et l'esprit, ou encore, la partie physique et la partie spirituelle. Je peux très bien distinguer en moi l'intellect, la volonté et les sentiments, et cela à juste titre, car il est facile de les soumettre à l'observation. N'oublions pas, cependant, que, selon la Bible, l'être humain n'est pas uniquement composé de plusieurs parties, mais qu'il est un tout, une unité. Ce fait constitue le point de départ de notre étude. Francis Schaeffer n'est pas un assemblage de parties isolées, ni un simple flux de conscience. Tout ce qui porte atteinte à cette unité détruit le fondement même de ce que l'homme est et de ce qu'il aspire à être.

Dès que je commence à comprendre quelque peu cette vérité, je me rends compte de l'immense portée du péché, bien au-delà de notre conception limitée, qui le réduit généralement à une question juridique. L'aspect juridique du péché est certes très important, car Dieu est saint et doit me déclarer coupable, mais le péché est bien plus qu'une simple question légale.

La vérité n'est pas seulement abstraite; il y a, par exemple, la vérité de ce que je suis. Dans notre étude de l'homme, deux questions semblent fondamentales. La première concerne l'être, ou le problème de l'existence. Tout homme, quelle que soit sa philosophie, est confronté à cette énigme. Nul ne peut se soustraire au fait qu'il existe. Le non-chrétien est assailli d'innombrables questions concernant son existence, son être. Quel qu'il soit, quelle que soit sa philosophie, il existe bel et bien, il est là. Même par le suicide, il ne peut pas échapper à cette énigme, car si par ce geste il croit pouvoir cesser d'être, il ne peut effacer, même dans son propre schéma de pensée, le fait qu'il a été. Nous devons donc considérer en premier lieu la question de l'être.

La deuxième question concerne mon identité au sein même de mon existence, dans mon cercle de vie. Autrement dit, je suis, mais que suis-je en comparaison de ce que Dieu est? Quelle différence y a-t-il entre mon environnement existentiel et celui de Dieu? Et, d'autre part, quelle différence y a-t-il entre mon existence et celle des animaux, des plantes et des objets sans vie qui, eux aussi, existent? A la suite du problème de l'existence se pose ainsi celui de la distinction à faire entre l'homme et Dieu d'une part, et entre l'homme et les animaux, les plantes et les machines d'autre part.

A la question de l'existence, il n'est pas de réponse rationnelle en dehors du Créateur, le Dieu de la Bible. Je ne veux pas dire qu'il n'y ait pas de réponse rationnelle sans le mot "Dieu", car on peut employer ce mot sans lui reconnaître le contenu que la Bible lui attribue: celui du Dieu infini et personnel qui est le Créateur. La solution ne réside pas, en effet, dans le mot "Dieu", mais dans l'existence de ce Dieu de la Bible. Sans l'existence de ce Dieu personnel, il n'y a pas de réponse rationnelle à l'existence en tant que telle. Il n'y a aucune solution possible sans un point de référence à la fois infini et personnel.



 

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