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La vraie spiritualité

Francis A. Schaeffer
Editions La Maison de la Bible

4. Dans la puissance de l'Esprit

Dans ce chapitre, nous revenons à l'événement de la Montagne de la Transfiguration et nous considérerons, outre la résurrection de Christ, celle du chrétien. A ce sujet, les théologiens libéraux prétendent que la notion d'une résurrection corporelle n'est apparue que tardivement, mais cette thèse est dénuée de tout fondement. La pensée d'une résurrection corporelle apparaît très tôt dans la révélation de l'espérance que Dieu a accordée aux hommes.

"Ainsi l'homme se couche et ne se relèvera plus, il ne se réveillera pas tant que les cieux subsisteront (la notion d'attente est bien soulignée), il ne sortira pas de son sommeil. Oh! si tu voulais me cacher dans le séjour des morts (le terme est bien précis), m'y tenir à couvert jusqu'à ce que ta colère soit passée (ici encore, constatez l'idée d'attente), et me fixer un terme auquel tu te souviendras de moi! Si l'homme une fois mort pouvait revivre, j'aurais de l'espoir tout le temps de mes souffrances, jusqu'à ce que mon état vienne à changer." (une nouvelle fois l'attente est sous-entendue) (Job 14:12-15) Ce texte met l'accent sur l'expression jusqu'à ce que: jusqu'à ce que vienne la délivrance.

A mon avis, Job 14 est très clair: quelque 2000 ans avant Jésus-Christ, ou plus tôt encore, Job a compris la réalité d'une résurrection physique. Le chapitre 19 va, je crois, dans le même sens, mais le texte hébreu y est moins clair que dans le chapitre 14.

Hébreux 11:17-19 nous dit qu'Abraham (2000 ans avant J.C.) a, lui aussi, compris la vérité de la résurrection: "C'est par la foi qu'Abraham offrit Isaac, lorsqu'il fut mis à l'épreuve, et qu'il offrit son fils unique, lui qui avait reçu les promesses, et à qui il avait été dit : En Isaac, tu auras une postérité appelée de ton nom. Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts."

Si Abraham, contemporain à peu près de Job, a bien saisi la réalité de la résurrection, il n'est pas surprenant de retrouver la même pensée dans le livre de Job. II n'y a donc aucune raison de suivre la pensée des théologiens modernes, selon laquelle toute mention de la résurrection dans l'Ecriture proviendrait d'une rédaction tardive.

Le livre de Daniel, d'une époque beaucoup plus récente, met aussi l'accent sur la résurrection physique de l'homme. "Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle." (Daniel 12:2) Une double résurrection est mentionnée ici, celle des perdus et celle des sauvés. "Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles à toujours et à perpétuité." (12:3)

Dans le Nouveau Testament, en 1 Corinthiens 15, nous retrouvons, sans contredit, le même enseignement. Paul montre dans ce passage que la résurrection des morts est absolument cruciale : "Or, si l'on prêche que Christ est ressuscité des morts, pourquoi quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y a point de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. II se trouve même que nous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu'il a ressuscité Christ, tandis qu'il ne l'aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point." (15:12-15)