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Page 1 sur 2 La vraie spiritualité
Francis A. Schaeffer Editions La Maison de la Bible
3. Passé de la mort à la vie
Si ce livre était une symphonie, ce chapitre correspondrait à l'intervention des trompettes. Nous avons vu l'importance d'une juste évaluation des aspects négatifs de la vie chrétienne. Tournons-nous à présent vers le côté positif, la résurrection, sans laquelle les deux autres aspects ne sauraient jamais constituer une spiritualité véritable et équilibrée: "Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie." (Romains 6:4) "J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi." (Galates 2:20) Après la mort à soi-même, après le rejet du moi, intervient la résurrection.
La transfiguration de Christ en est une vivante démonstration. Ce moment de gloire a préfiguré sa résurrection. "Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage changea, et son vêtement devint d'une éclatante blancheur." (Luc 9:29) Selon Matthieu 17:2, "Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière."
Je tiens à souligner, ici, la réalité historique de cet événement. Il importe de le noter, surtout de nos jours où tout ce qui concerne la religion est constamment relégué dans une autre sphère, en dehors de l'histoire. Dans le récit de la transfiguration, le moment et le lieu sont bien spécifiés. Ainsi Luc relate: "Le lendemain, lorsqu'ils furent descendus de la montagne, une grande foule vint au-devant de Jésus" (Luc 9:37). A un moment donné de l'histoire, Christ et les disciples sont montés sur la montagne, et ils en sont redescendus à un autre moment. Quand ils ont escaladé la colline, ils ne sont pas entrés dans un univers philosophique ou religieux en dehors de l'espace. Ils avaient les pieds bien sur terre - sur la montagne plus exactement - et là-bas, dans la plaine, la vie suivait son cours.
Il en est de même sur le plan temporel. Si les disciples avaient eu des montres, celles-ci ne se seraient pas arrêtées à l'aller, pour se remettre en marche au retour. Le temps continuait de s'écouler; lorsqu'ils sont descendus de la montagne, c'était déjà le lendemain. L'espace et le temps constituent la chaîne et la trame de l'histoire. Et là, sur la montagne, un véritable fait historique s'est déroulé, ancré normalement dans l'espace et dans le temps. La glorification de Jésus n'a pas eu lieu dans un "ailleurs" philosophique, ni dans les "sphères supérieures", mais dans les réalités concrètes de l'espace et du temps. La transfiguration elle-même illustre l'âpre réalité des paroles que Jésus a prononcées auparavant: "Alors il commença à leur apprendre qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu'il soit mis à mort, et qu'il ressuscite trois jours après." (Marc 8:31) Nous y voilà: rejeté, mis à mort, ressuscité dans l'histoire.
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