Accueil Messages (textes) Livres retranscrits Vraie spiritualité Spiritualité 2 - Centralité de la mort
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La vraie spiritualité

Francis A. Schaeffer
Editions La Maison de la Bible

2. La centralité de la mort

Dans ce chapitre et les deux suivants, nous entreprenons une réflexion sur les principes fondamentaux de la vie chrétienne, de la vraie spiritualité. Au premier chapitre, nous avons souligné l'aspect négatif et l'aspect positif de la vie chrétienne. Revenons, maintenant, aux considérations négatives, résumées dans ces quatre versets de la Bible:

Romains 6:4a: "Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort."
Romains 6:6a: "Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui."
Galates 2:20a: "J'ai été crucifié avec Christ."
Galates 6:14: "Loin de moi la pensée de me glorifier d'autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde."

Selon ces déclarations de la Parole, le chrétien, aux yeux de Dieu, est mort avec Christ au moment où il l'accepte comme son Sauveur. Plus encore, cette mort doit être manifeste chaque jour, dans sa vie pratique. Cet aspect négatif, abordé au premier chapitre, va maintenant faire l'objet d'un développement plus détaillé.

La Bible, nous l'avons déjà dit, nous appelle à un renoncement extrême qui, loin d'être une abstraction, taille dans la substance même de la vie quotidienne. Nous avons relevé l'ordre formel de la Parole de Dieu: en toutes choses, sachons rester contents et dire "merci" à Dieu. Difficile d'être plus négatif, car il s'agit de dire "non" à notre moi et à tout ce qui veut nous dominer.

Nous avons relevé dans la Bible un autre ordre formel, celui d'aimer notre prochain, non pas simplement d'un amour romantique ou idéalisé, mais d'un amour qui exclut la convoitise. Notons cependant que le mot "amour" est un mot vide de sens, qui relève du romantisme ou de l'utopie, s'il n'implique pas pour nous un aspect fortement négatif. Dans sa signification correcte, l'amour nous conduit à dire "non" à certaines choses dans des domaines clairement définis, aussi bien qu'à nous-mêmes.

L'amour ne se réduit pas à une sentimentalité romantique friande d'émotions. Il implique une attitude de renoncement. Il nous faut être prêts à dire "non" à nous-mêmes, prêts à dire "non" aux choses, afin que le commandement d'aimer Dieu et les hommes ait sa signification réelle. Jusque dans mes droits les plus légitimes et pleinement conformes aux Dix Commandements, je ne dois pas rechercher mon propre intérêt, mais celui d'autrui.



 

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