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Toutes les définitions ont un point faible. Tous les efforts déployés pour tenter de clarifier la situation n'ont fait que mettre en lumière la complexité de la question. La confusion est devenue plus évidente lorsque le Jerusalem Post a mené une enquête auprès de mille cinq cent familles juives.

La question posée était: Qu'est-ce qu'un Juif? Le numéro du 25 novembre 1968 du journal a publié les résultats suivants:

12 % déclarent qu'est Juif celui qui a une mère, un père ou un conjoint juif.
23 % pensent que le Juif, c'est celui qui se considère comme tel.
19% disent que selon la loi juive, pour être juif, il faut être né d'une mère juive ou s'être converti au judaïsme.

13 %
définissent le Juif comme celui qui observe les pratiques religieuses juives.
13 % estiment qu'est Juif celui qui vit en Israël ou qui s'identifie à l'Etat hébreu.
11 % répondent que le Juif est celui qui a été élevé et instruit comme Juif.
9 % avouent leur ignorance sur la question.

Dans cette enquête d'opinion menée par le Jerusalem Post, on retrouve donc six définitions différentes de ce qu'est un Juif. Cela révèle combien grande est la confusion quand il s'agit de déclarer qui est Juif.

Mais ce ne sont pas les seules définitions existantes. Récemment un rabbin a déclaré sur une chaîne de télévision américaine que le Juif était simplement celui qui était favorable à la survie du peuple juif. Dans cette optique, un grand nombre de païens seraient juifs, car nombreux sont ceux qui tiennent en faveur de la nation juive et prennent sa défense. Ce même rabbin a poursuivi en disant que Dieu n'était plus nécessaire au judaïsme, bref qu'on peut être athée et cependant adepte du judaïsme en encourageant son implantation et son développement, et ainsi se définir comme Juif. Il n'a pas expliqué pourquoi un Juif qui milite en faveur du judaïsme tout en excluant Dieu pouvait être juif et qu'un autre qui milite également pour le judaïsme en incluant Jésus ne pouvait pas l'être. Ce rabbin, avec l'illogisme qui prévaut chez ceux qui s'efforcent de définir la judaïcité, refuse l'identité de Juifs aux Juifs qui croient en Jésus.

Le plus fort, c'est qu'en dépit du désaccord notoire de la part des autorités juives sur la définition du Juif, elles sont généralement unanimes sur un point : les Juifs qui croient en Jésus ne sont plus des Juifs. Ce faisant, les rabbins définissent la judaïcité d'après ce qu'elle n'est pas plutôt que d'après ce qu'elle est. C'est un paralogisme que de vouloir définir une chose par ce qu'elle n'est pas, sans avoir auparavant dit ce qu'elle est. On ne commence jamais par affirmer que A n'est pas non-A avant d'avoir dit que A est A. Tant que les responsables juifs n'auront pas défini ce qu'est un Juif, ils ne pourront pas dire ce qu'il n'est pas.

La raison de cette difficulté

Pourquoi est-il si difficile de définir qui est Juif ou ce qu'est un Juif? La réponse à la question réside peut-être dans le manque de normes objectives. Une définition doit s'appuyer sur des normes objectives. Il faut donc les fixer. Ensuite, on pourra les appliquer à une situation ou à une catégorie et voir quels sont les éléments qui les satisfont. Il fut un temps où le judaïsme possédait une référence objective, et chaque fois qu'il s'y référait, il n'éprouvait aucun mal à dire qui était juif et qui ne l'était pas. Cette norme était les Ecritures hébraïques. Mais au cours des derniers siècles, le judaïsme s'est de plus en plus éloigné des Ecritures; il a du même coup perdu sa référence objective d'antan. S'étant écarté des normes fiables des Ecritures, il n'a plus été en mesure de se définir lui-même, ni de définir qui est juif. La plupart des Juifs sentent intuitivement qu'ils sont juifs, mais ils sont incapables de dire pourquoi ils le sont. D'où la diversité et la multiplicité des opinions.

On finit donc par sombrer dans l'agnosticisme, c'est-à-dire qu'on avoue ne pas savoir. Le fait que les dirigeants juifs proposent tant de réponses différentes montre qu'ils ne savent pas. Et ils ne savent pas, parce qu'ils n'ont plus de références objectives. Ils ne les ont plus, parce qu'ils se sont éloignés de celles auxquelles leurs ancêtres s'accrochaient : les Ecritures juives. Plus une fraction du judaïsme s'écarte des Ecritures, moins convaincante et moins claire sera la définition qu'il donnera du Juif. C'est ce qui l'amène à définir le Juif par ce qu'il n'est pas. Ce judaïsme procède ainsi, parce qu'il ne sait pas ce qu'est le vrai Juif. Définir le Juif comme celui qui ne croit pas en Jésus est une échappatoire.

Qui est Juif?

En retournant aux Ecritures juives qui sont la source de la judaïcité, nous retrouvons les normes objectives. Il est alors facile de donner une définition de la judaïcité. Le fondement biblique sur lequel repose cette définition se trouve en Genèse 12.1-3, le passage qui établit l'alliance de Dieu avec Abraham:

"L'Eternel dit à Abraham: Va-t'en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi."

Deux autres passages précisent cette alliance:

"Car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre, en sorte que, si quel- qu'un peut compter la poussière de la terre, ta posté- rité aussi sera comptée." (Ge 13.15-16).
 
"Alors la parole de l'Eternel lui fut adressée ainsi: Ce n'est pas lui qui sera ton héritier, mais c'est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. Et après l'avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter, Et il lui dit: Telle sera ta postérité." (Ge 15.4-5).

Plus tard, Dieu confirma à Isaac son alliance avec Abraham:

"L'Eternel lui apparut et dit: Ne descends pas en Egypte, demeure dans le pays que je te dirai. Séjourne dans ce pays-ci: je serai avec toi, et je te bénirai, car je donnerai toutes ces contrées à toi et à ta postérité, et je tiendrai le serment que j'ai fait à Abraham, ton père. Je multiplierai ta postérité comme les étoiles du ciel; je donnerai à ta postérité toutes ces contrées; et toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce qu'Abraham n obéi à ma voix, et qu'il a observé mes ordres, mes commandements, mes statuts et mes lois." (Ge 26.2-5).

Après Isaac, l'alliance abrahamique est confirmée à Jacob:

"Et voici, l'Eternel se tenait au-dessus d'elle; et il dit: Je suis l'Eternel, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre; tu t'étendras à l'occi- dent et à l'orient, au septentrion et au midi; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité." (Ge 28. 13-14).

L'alliance avec Abraham contient une définition simple de la judaïcité dans l'affirmation répétée qu'une nation sortira d'Abraham par Isaac et Jacob. On est donc Juif par l'appartenance à une nation. Mais contrairement à l'opinion de nombreux sionistes, la nationalité juive n'est pas limitée par les frontières de l'Etat d'Israël. Elle appartient à tous les descendants des patriarches, quel que soit le lieu où ils vivent. Cette nationalité est fondée sur la descendance et non sur l'histoire ou sur le Sionisme.

Du point de vue biblique, le peuple juif forme une nation. Aujourd'hui, nous sommes un peuple dispersé, une nation éparpillée, mais nous sommes cependant une nation en tant que descendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Selon cette définition, que l'individu juif soit croyant ou non, il n'en est pas moins un Juif. Autrement dit, quoi qu'il fasse, le Juif ne peut jamais devenir un non-Juif. Un Noir qui devient chrétien reste cependant un Noir; un Noir qui se convertit à l'Islam reste un Noir. Un Chinois qui devient chrétien reste cependant chinois. Un Chinois qui adopte le bouddhisme reste chinois. Il en est de même pour le Juif. Il est juif parce qu'il est descendant d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Qu'il pratique le judaïsme orthodoxe ou libéral, qu'il soit athée ou communiste, il reste Juif. Si donc un Juif décide de croire que Jésus est le Messie, il conserve son identité juive. Rien, absolument rien, ne peut changer le fait qu'il est un descendant d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Qui est païen?

Si ce qui précède correspond à la définition du Juif, qu'est-ce alors qu'un païen? En nous référant aux Ecritures comme norme absolue, nous pouvons dire que le païen est simplement celui qui n'est pas un descendant d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Est païen celui qui n'est pas né juif. De nouveau, quoi qu'il fasse, le païen ne sera jamais un non-païen.

Qui est chrétien?

Si la définition précédente est exacte, il est évident que les termes "païen" et "chrétien" ne sont pas synonymes. Dans les pays occidentaux, la plupart des païens se qualifient de chrétiens, mais cela ne suffit pas pour rendre le changement effectif. Il ne suffit pas de s'affirmer chrétien. Parce que de nombreux non-chrétiens se déclarent chrétiens, il est devenu aussi difficile de dire qui est chrétien dans certains milieux que de définir qui est juif dans d'autres.

La confusion, là aussi, est due au fait qu'on s'est éloigné d'une référence objective. Pour savoir ce qu'est un chrétien, il faut revenir au Nouveau Testament, la source du christianisme.

Le Nouveau Testament divise le monde en trois groupes: les juifs, les païens (ou Gentils) et les chrétiens (1 Co 10.32). Si tout le monde est né soit juif, soit non-juif, personne en revanche n'est né chrétien. Le chrétien est celui qui, né juif ou non-juif, a décidé personnellement de devenir chrétien, disciple du Christ (Messie). Le chrétien n'est donc pas celui qui appartient à une Eglise ou qui a été baptisé. Ces prérogatives peuvent suivre la décision de devenir chrétien, mais elles ne sont pas la cause qui font de quelqu'un un chrétien.

Le Nouveau Testament enseigne qu'un chrétien est un juif ou un païen qui a pris conscience qu'il est né pécheur et qu'il est séparé de Dieu pour cette raison. Pour connaître Dieu de façon personnelle, autrement dit pour s'approcher de Dieu, celui qui le cherche doit au préalable reconnaître que le péché mérite d'être sanctionné. Or, comme il est pécheur, l'homme ne peut pas par lui-même acquitter la dette de son péché, ni même expier valable- ment son péché. C'est pour cette raison que le Messie, qu'un grand nombre de juifs et de païens identifient à Jésus, est venu. En mourant, le Messie est devenu sacrifice expiatoire pour le péché; il a subi le châtiment mérité par le péché.

Les Ecritures, l'Ancien comme le Nouveau Testament, enseignent que sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon des péchés:

"Car la vie de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il serve d'expiation pour vos âmes, car c'est par la vie que le sang fait l'expiation." (Ancien Testament, Lévitique 17.11).

"Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon." (Nouveau Testament, Hébreux 9.22).

Le contenu fondamental de la foi chrétienne est exposé en 1 Corinthiens 15.1-4:

"Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez dans les termes où je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain. Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures."

Le contenu de la foi est dans l'Evangile, résumé ici dans le rappel de la mort expiatoire et substitutive de Jésus, de son ensevelissement et de sa résurrection. Ce qui détermine si une personne est chrétienne ou non, c'est sa décision de placer sa confiance en Jésus et de reconnaître sa mort comme sacrifice d'expiation pour son péché. Ce qu'elle doit faire est indiqué en Jean 1.12: "A tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle (la Parole) a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu."

Celui qui, à un moment donné, fait une démarche personnelle pour accueillir le Christ dans sa vie comme étant celui qui a fait l'expiation de ses péchés, celui-là, expérimente ce que signifie devenir chrétien. C'est pourquoi, celui qui prétend être né chrétien prouve qu'il ne l'est pas, car selon le Nouveau Testament, personne ne peut naître chrétien. Le fait de devenir chrétien est une expérience par laquelle l'individu fait une rencontre personnelle avec Dieu par Jésus-Christ; le péché qui le séparait de Dieu est donc ôté. Ainsi, on ne naît pas chrétien, on le devient.

Résumons.

Le Nouveau Testament enseigne que tous les humains naissent soit juifs, soit païens. Ne sont chrétiens que ceux qui ont accepté personnellement Jésus comme victime propitiatoire pour leurs péchés. Il se pourrait donc bien que la plupart de ceux qui se disent chrétiens ne le soient pas. C'est pourquoi, étant donné la confusion dans laquelle ces prétendus chrétiens ont plongé le mot chrétien, ceux qui sont d'authentiques chrétiens au sens néotestamentaire du terme préfèrent le qualificatif de croyants. Ceci pour mieux faire la distinction entre ceux qui sont vraiment chrétiens et ceux qui affirment simplement l'être.

Qu'est-ce qu'un juif messianique?

Pour la plupart des juifs, l'expression "juif messianique" recèle une contradiction dans les termes. Ils estiment qu'on peut être soit hébreu soit chrétien, mais qu'il est impossible d'être les deux en même temps. Mais si le juif est celui qui descend d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et si le chrétien est celui qui de son libre choix a accepté Jésus comme son Messie, alors un juif messianique est un juif qui croit que Jésus-Christ est le Messie. En matière de foi, les chrétiens hébreux se comptent parmi les croyants en Christ, qu'ils soient païens ou juifs. Sur le plan de leur identité nationale, ils s'estiment membres du peuple juif.

Un juif messianique doit donc se définir à la fois comme un juif et comme un chrétien. Si un juif accepte le baptême seulement pour perdre son identité de juif, il ne saurait en aucune manière être considéré comme un chrétien. Le juif messianique est fier de son héritage juif et de sa foi personnelle dans le Messie.

Rabbi Saul, mieux connu sous le nom d'apôtre Paul, a souvent été accusé de faire de la foi en Christ une religion païenne. De nombreux rabbins ont écrit que s'ils n'avaient rien à reprocher à Jésus et qu'ils lui reconnaissaient même tous les attributs du vrai juif, en revanche, ils prenaient Paul à partie pour avoir transformé le mouvement messianique de Jésus en une religion païenne. Mais dans ses écrits, Paul déclare que c'est Dieu lui-même qui lui a ordonné d'annoncer l'Evangile aux païens. Les écrits de l'apôtre fournissent la plus belle preuve qu'il était toutefois resté profondément nationaliste et loyalement attaché à ses racines juives. Citons trois passages tirés de ses différents écrits:

"Je dis donc: Dieu a-t-il rejeté son peuple? Loin de là! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu de Benjamin." (Ro 11.1).
"Sont-ils Hébreux? Moi aussi. Sont-ils Israélites? Moi aussi. Sont-ils de la postérité d'Abraham? Moi aussi." (2 Co 11.22).
"Je le puis bien davantage, moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d'Hébreux; quant à la loi, pharisien; quant au zèle, persécuteur de l'Eglise; irréprochable à l'égard de la justice de la loi. Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes ces choses comme une perte à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout; je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ." (Ph 3.4-8).

Il est difficile, à partir de ces affirmations, d'accuser Paul d'avoir fait de la foi chrétienne une religion païenne.

Au chapitre suivant, nous donnerons le témoignage de Juifs qui croient en Jésus aujourd'hui. Le lecteur constatera que leur foi en Jésus a renforcé leur identité juive au lieu de l'amoindrir.

 

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