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La peur du vide...

La peur du vide... - pensée du mois - homme saute dans le vide

Je suis une porte ouverte sur le vide. Je suis un chemin désert. Je ne suis rien. Les yeux ne me voient pas, les regards glissent sur moi.
- NEIL GAIMAN

Il a fait de moi un vase vide...
- JEREMIE 51:34

Il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque... parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable...
- BLAISE PASCAL

Enfants, nous avons connu la peur du noir, la peur du loup, la peur d’être abandonnés peut-être ; d’autres craintes ou phobies nous ont accompagnés dans notre parcours de vie, mais la peur suprême, la plus difficile à affronter, celle qui fait reculer Superman, qui stoppe net les plus courageux, qui met en fuite même les guerriers vikings, c’est la peur du vide.
Je ne désigne pas ici le vertige, qui peut saisir sans prévenir les plus grands alpinistes, non, je veux parler de la peur panique qui s’empare des mortels lorsqu’ils doivent faire face, sobres et nus, au vide sidéral qui se cache dans le mystère de l’âme humaine.

À peine sortis de l’enfance, nous devons traverser le terrain miné de l’adolescence en évitant de regarder dans les yeux ce vide infini. L’adrénaline, les premières fois, les explosions émotionnelles nous aident à aller de l’avant en l’ignorant plus ou moins.

Presque sans transition vient ce que nous appelons « les obligations de la vie d’adulte ». Carrière professionnelle, responsabilité familiale, sans oublier les épuisants « loisirs ». Ce tourbillon d’activités, d’occupations, de charges, d’engagements est le bienvenu. Nous le critiquons volontiers le temps d’un apéro avec des amis, nous affirmons qu’il nous faudrait faire une pause, prendre le temps... mais cette hyperactivité nous est indispensable, elle est le paravent fragile qui cache le vide à nos regards apeurés.

Les enfants grandissent, déménagent, les carrières s’essoufflent, les dents s’usent et raclent moins le carrelage, la retraite se profile à l’horizon. La peur remonte aux entrailles, mais pas pour longtemps, tout est prévu, les retraités d’aujourd’hui sont plus occupés, plus actifs que les ados boutonneux. Il faut continuer de courir, fermer les yeux, s’anesthésier les sens, même les difficultés et les soucis sont préférables au face à face silencieux et lucide avec le vide intérieur...

Je vous entends vous indigner, ce n’est pas vrai pour nous, nous sommes de bons chrétiens, nous n’avons pas peur du vide... c’est pourtant cette peur qui fait tourner une grande partie des activités religieuses, de programme en programme, de nouveaux concepts en nouvelles visions... ça tombe bien, « l’église-usine » a besoin de main d’œuvre et les humains, croyants ou pas, ont besoin d’oubli...

Nous faudra-t-il attendre l’obligation du fauteuil roulant, la solitude de la maison de retraite, la perte de nos bien-aimés pour enfin trouver le courage de nous tenir, petits et désarmés devant « Le Vide » de nos cœurs ?

C’est l’acte le plus difficile et le plus courageux qu’un être humain puisse envisager : renoncer aux analgésiques, aux ruses, aux déguisements, aux artifices de tout poil, faire face sans tricher au vide et au silence tonitruant qui nous habite, finalement faire nôtre la prière de Jacob : « Seigneur, je ne partirai pas jusqu’à ce que tu m’aies rempli ».
Il n’est pas un distributeur automatique, il n’est pas à notre service, mais il nous aime d’un amour brûlant, il désire nous apprivoiser.
Apprenons à nous tenir, les orteils au bord du précipice, calmes et tranquilles, paisibles et sereins malgré les voix qui s’élèvent en nous, qui nous intiment de prendre la fuite, qui nous proposent mille ailleurs...
Patiemment, dans la confiance, certains de la possibilité de sa venue, nous consentirons à ce qu’il nous remplisse de lui, de sa vie, de ses pensées, de son amour, de tout ce qu’il est et qui, de façon merveilleuse et extraordinaire, épouse parfaitement les formes de nos vrais besoins.

Philip

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© Tous droits réservés: Philip Ribe

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